Faut-il se battre pour un abandon multilatéral ou bien unilatéral de la bombe ?

Force est de constater qu’une fois qu’on a la bombe on la garde, comme la résolution « Pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire » par l'Assemblée Générale de l'ONU, le 27 octobre dernier, la montré.

C’est pourquoi la lutte pour obtenir un abandon multilatéral de la bombe atomique est vaine.
Elle revient à s’appuyer sur des Etats qui ne veulent absolument pas l’abandonner.
Par ailleurs, dans le multilatéralisme on trouve une insistance sur les dégats qui pourraient être occasionnés aux autres par l’usage de la bombe, et on oublie qu’ils commencent avant son utilisation.
Dans son livre « la guerre nucléaire secrète », Mme Gallagher montrait que la mise au point de la bombe américaine avait fait plus de victimes aux USA que son usage au Japon. Certaines sources nous disent que la bombe française aurait déjà généré 150 000 victimes.
On peut aussi évoquer  son entretien qui nous coûte près de 4 milliard d’euros chaque année.
En cas de guerre, dès qu’il y a plusieurs pays détenteurs, le risque d’un usage multilatéral existe en théorie, même s’il est difficilement imaginable. Des études scientifiques américaines et soviétiques des années 60 avaient déterminé qu’un conflit nucléaire généralisé « entraînerait jusqu’à 95 % de perte de luminosité et abaisserait la température moyenne du globe jusqu’à -40 °C, le retour à la normale pouvant prendre des mois » . Il suffirait que 3 % des têtes actuelles soient utilisées (soit 45 sur 15 700) pour que s’abatte sur la Terre un hiver avec des températures de moins 40° C pendant 6 mois, avec la quasi-certitude de voir toutes vies disparaître.

Dans ces conditions, il vaut mieux réorienter la lutte contre son Etat et exiger de lui l’abandon unilatéral de la bombe, à défaut d’y réussir on implique le citoyen au moment du vote, ce qui n’est pas le cas lorsqu’on appelle son Etat à soutenir l’abandon multilatéral dans les cénacles onusiens.

Jean-Luc Pasquinet