Ile de France Décroissance

16 mars 2013

Réunion publique ILE DE FRANCE DECROISSANCE. Samedi 30 mars. 15h. J2P "la mappemonde", 28, rue Petit. Paris 19°

 Réunion publique ILE DE FRANCE DECROISSANCE

 

  thème : "ACTUALITE DE LA DECROISSANCE"

                      avec   Christian Ghiotti, et l'association LIENS D'ICI

                           candidat de la décroissance aux dernières législatives dans le 19° (16° circons.)

   C'est à "la mappemonde", J2P, 28, rue Petit  75019

                            (métro : Laumière -sur ligne 5)

 

 Venez nombreux!

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10 février 2013

Quelles alternatives? par Jean-Luc Pasquinet

 

Quelles alternatives au développement durable : écosocialisme ou décroissance ?

 

A) La question d’alternatives au DD, pose la question de la vision de l’avenir

 

                1) La décroissance n’est pas unie en ce qui concerne la vision de l’avenir

                2) Le complexe d’Orphée.

 

1) Tout d’abord ne pas oublier que la décroissance n’est pas une, mais en gros divisée entre deux visions de l’avenir : ceux qui croient que la catastrophe est inévitable et ceux qui croient qu’elle peut encore être évitée… :

 

Dans les années 70 de façon dominante et encore aujourd’hui de façon plus discrète, quand on abordait le thème de la catastrophe, il était de bon ton dans le milieu écologiste et gauchiste de fustiger les « catastrophistes », et par exemple au sujet du nucléaire pendant longtemps les opposants n’ont pas mis en avant l’accident nucléaire aux conséquences sans communes mesures avec un accident industriel, mais plutôt l’absence de démocratie, les déchets ou bien le réchauffement des eaux usées.

On peut se demander si au sein des objecteurs de croissance n’apparaît pas non plus un dissensus entre deux positions autour de la catastrophe.

 

Une  qui pense que la catastrophe est inévitable et l’autre que la catastrophe peut être évitée.

La première pense que l’enjeu c’est de tirer la sonnette d’alarme et ainsi espère sauver un maximum de gens, l’autre pense que la catastrophe sera évitable et que la première catastrophe n’est pas écologique mais sociale et politique, c’est la barbarie qui pourrait accompagner l’effondrement de la société industrielle. En mettant en oeuvre le « buen vivir » une société plus équitable et durable, on pourra éviter cette catastrophe.

Parmi ceux qui pensent que la catastrophe peut être évitée :  Serge Latouche : p. 63, p. 64, p.67 de « Où va le monde ? »  « Finalement, la grande implosion annoncée par Pierre Thuillier ne se produira pas », Paul Ariès.

Les autres : Paul Cherfurka, « Population et énergie ». Bertrand Méheutz « la politique de l’oxymore ».

Pourquoi par exemple Bertrand Méheutz pense-t’il que la catastrophe est inévitable ? A cause de  la contradiction suivante : l’impossibilité de la généralisation de la société de consommation et même de son maintien en l’état, alors qu’elle est devenue la seule aspiration collective véritable.

 

Ce distingo est important, ceux qui pensent que la catastrophe est inévitable auront moins tendance à réfléchir à la question sociale (même s’ils ne se l’interdisent pas) et plus à se contenter d’alerter, les autres au contraire sont venus à la décroissance à partir d’une critique du capitalisme ou du développement, ils parlent donc de la supériorité du « buen vivir », et parfois d’un avenir radieux….loin des contraintes de la société industrielle que nous connaissons.

 

1)      Ensuite ne pas oubllier le complexe d’Orphée :

 

Une autre distinction importante à noter concerne la différence de vision entre un objecteur de croissance et un socialiste scintifique. Et là, on aborde ce que j’appelle le « complexe d’Orphée », ou la peur de regarder en arrière….

Les OC ont rompu avec le socialisme scientifique, ils ne croient pas que l’histoire ait un sens prédéfini, la fin de l’humanité est une chose tout à fait possible pour les Objecteurs de Croissance. Ils ne croient pas non plus à la surdétermination de la prise du pouvoir politique de l’Etat.

La décroissance, a priori, à la différence des socialistes scientifiques  mettrait plus son espoir dans le passé, non point exactement dans le retour à un passé révolu et fantasmé car  il ne s’agit pas non plus de nostalgie, mais plutôt de retour à un situation - avant - un élément porteur de la catastrophe vers laquelle nous allons de plus en plus vite. Par exemple, retour avant le nucléaire,  retour avant le tout-pesticide,  retour avant le tout bagnole, etc…

Bien sûr ce « retour » doit se faire dans des conditions sociales optimales. D’où les réflexions sur l’écosocialisme, le retour au « socialisme utopique ».

 

 

B- quelles alternatives au DD ?

 

2)      Comment se positionnne la décroissance vis-à vis du DD ?

 

Si on cherche des alternatives au DD c’est qu’il ne répond pas aux défis de notre époque, pour les raisons suivantes

 

  1. La première et la plus importante, c’est que le DD est une ultime tentative de sauver le capitalisme et le productivisme, or les OC sont anticapitalistes et antiproductivistes.
  2. Cependant, cela ne veut pas dire que les OC sont socialistes, car en fait comme je l’expliquerai plus loin les OC rejettent aussi le socialisme dit « scientifique » qui est fondamentalement productiviste et pronucléaire par exemple.
  3. c.       Autre critique connue du DD : « Le DD c’est polluer moins pour polluer plus longtemps » : Paul Ariès
  4. d.     Enfin, il ne peut pas y avoir de développement immatériel uniquement, remplaçant le développement matériel :

 

Exemple, je ne peux pas faire un cours d’anglais d’une heure dans 15mn de temps…donc il y a une limite physique à l’immatériel, en l’occurrence 24 h et à condition que je ne dorme jamais…

 

3)      Quant à l’alternative au DD elle soulève plusieurs questions et essentiellement deux :

 

  1. a.      La question de la propriété des moyens de production et de l’organisation du travail :

 

C’est le grand thème du mouvement ouvrier et révolutionnaire que la remise en cause de la propriété juridique du capital. Pour celui-ci l’enjeu sociétale était d’abord un enjeu de « mode de production », cad de mode de propriété du capital. D’un côté des capitalistes propriétaires du capital et pouvant imposer leurs conditions à des travailleurs pieds et poings liés, car n’ayant rien d’autre que leurs bras (sic !).

Cependant à cause de cette vision ils ont oublié de poser la question du « produit ». Toutes marchandises étaient bonnes pourvus qu’elles puissent permettre de créer des emplois pour les uns ou de faire des profits pour les autres. Le dissensus entre socialistes et capitalistes portaient sur la propriété, grâce à la propriété socialiste, l’économie serait mieux gérée pensait-on, alors que les autres ne juraient que par le marché.

La décroissance elle, commence par questionner le « produit », et pose la question sociale à partir du produit. Dans cette vision l’enjeu social et le capitalisme n’est plus seulement un enjeu juridIque de mode de propriété, mais plutôt un enjeu civilisationnel de mode de consommation et de façon de produire.

Le capitalisme « ne peut exister sans bouleverser constamment les moyens de production » (K. Marx) et donc, ce qui le caractériserait serait plus cette soif d’innovations continues ou de « déferlement technologique » que la propriété privée des moyens de production. Innovations pour réduire les coûts du travail et offrir toujours plus de marchandises ; mais plus rarement innovations pour satisfaire de réels besoins et surtout dominée par la vision d’une nature-objet aux ressources inépuisables et uniquement au service de l’homme, ce qui n’est pas le cas….

La question sociale vue à travers le « produit » cela signifie qu’on se pose la question de l’usage et du mésusage, de l’intensité ressources naturelles non renouvelables et déchets de chaque produit, qu’on vise à l’insérer dans un biotope d’entreprises afin que les déchets de l’une puisse servir de ressource à l’autre. Bien sûr, il s’agit aussi de questionner l’organisation du travail qui ne peut plus être de type « fordiste », car l’enjeu n’est plus uniquement productiviste mais aussi, mais surtout politique, d’où l’intérêt des Objecteurs de Croissance pour l’autogestion qui permet mieux de re limiter, de limiter la durée du travail, etc…bref, dans la vision juridique et capitaliste de la production il n’est pas question de la loi d’entropie ni du caractère irréversible et destructif de l’acte de produire…grosse différence d’avec la vision des objecteurs de croissance.

Par conséquent, une réflexion sociale de la décroissance doit partir du produit et réorganiser la société à partir de celui-ci.

Et loin de nous, l’idée de nationaliser et de renforcer la main-mise de l’Etat ;  les pistes de recherche des objecteurs de croissance seraient plutôt autour de l’association et de la création de fonds d’investissements gérés démocratiquement et possédés par des municipalités, des régions, des associations, des particuliers par exemple afin de racheter les terres agricoles autour des grandes villes afin d’y recréer des ceintures maraichères biologiques, y installer des paysans et recréer des emplois alors que le secteur primaire ne cesse d’en perdre….Un peu à l’instar de ce que fait « Terre de liens »….avec un retour sur investissement très bas, car il ne s’agit pas de spéculation.

Mais on peut aussi penser à des fonds identiques pour racheter des entreprises, ou y investir afin de les aider à recycler leur production, et à y développer l’autogestion, etc…

 

  1. b.     La question de la planification :

 

Qui dit socialisme, dit planification et c’est normal puisque le marché est la cause de la destruction de la nature et de la société et qu’il est important d’essayer d’en réduire son impact.

Néanmoins, devons-nous revenir à la planification de type « soviétique », même « démocratique » ?

Personnellement je ne le pense pas. J’établirais une distinction entre plusieurs types de planifications.

Une planification nationale à visée productive et une planification internationale à visée protectrice de la ressource.

Et bien entendu, je préfèrerais que l’on développe une planification internationale pour protéger les ressources non renouvelables et mieux les répartir. Chose facile à mettre en œuvre en ce qui concerne par exemple la ressource halieutiques, mais plus difficile pour ce qui concerne des ressources qui ne se trouvent pas dans des « terra nullus » dominées par aucun Etat. Et ce sera l’enjeu fondamental qui nous attend que cette répartition des ressources rares, au niveau international.

D’ailleurs, cette opposition national-international est pertinente pour définir le capitalisme à notre époque. Nous savons depuis Fernand Braudel qu’il existe trois types de marchés, le marché domestique, dominé par la gratuité, il s’agit de simples échanges dans la sphère domestique, le marché national dominé par des règles strictes, le prix du pain est de tant, on ne doit pas sortir les grains de la région, le marché n’a lieu que tel ou tel jour…. Enfin, il existe un troisième marché dit « speculatif » et international où on joue sur les différences de règles, ou bien où il n’y a plus de règles, autre que celle de faire un profit maximal, en se permettant de faire à l’étranger ce qui est interdit chez soi, par exemple en vendant des esclaves, alors que l’esclavage est interdit en France, ou bien en investissant dans des pays ne respectant pas le droit international du travail….L’enjeu « anticapitaliste » , finalement n’est-il pas d’abord de lutter contre ce marché international spéculatif ?

Pour ce qui est du marché national il doit être strictement régulé, notamment en ce qui concerne les produits. Une planification légère doit être mise en place afin de créer ce biotope d’entreprises déjà évoqué ci-dessus et la relocalisation de l’économie.

C’est dans l’articulation entre cette « planification internationale » et « planification pour la relocalisation » que doit partir la réflexion des objecteurs de croissance.

 

 

Annexes :

 

1 - Propositions du MOC

 

  1. arrêt de tous les nucléaires, au temps t le plus proche,

techniquement parlant,

  1. réduction massive du temps de travail et droit au temps

partiel choisi,

  1. défense réelle de services publics relocalisés en régies

territoriales autogérées, pour la révolution de la gratuité,

  1. réforme immédiate des retraites par la mise en place

d'une retraite d'un montant unique, pour tous, dès 60 ans,

  1. égalité réelle des femmes et des hommes,
  2. abolition des dettes du Sud global, à qui sont dus la dette écologique

et le droit à un « tunnel de croissance », vers le buen vivir,

  1. assurer à toutE licenciéE la continuité de son revenu par

la mise en place de fonds de reconversion abondés par

les richesses socialisées,

  1. garantie aux plus jeunEs d’une vie décente et autonome

par une allocation universelle de 18 à 25 ans,

  1. mise en avant des dettes sociales et des dettes

écologiques pour cadrer toute discussion budgétaire,

  1. exemple encore plus concret, par ex. sur l'automobile :

garantie pièces et main-d'oeuvre sur 10-15 ans, limitation

de tous les moteurs à 90 km/h (autoroutes inutiles),

  1. démocratie maintenant : proportionnelle, pluralisme des modes

de désignation (tirage au sort, délégation, mandat impératif) et

de décision, mandats courts, non-cumulables, révocables…

  1. création d’un fonds pour la reconversion économique et

la transition écologique, par la relocalisation, vers des

produits socialement utiles et écologiquement soutenables,

  1. la mise en place d’un plancher des revenus implique celle

d’un plafond : pour un revenu maximum (d’un montant)

acceptable (RMA), avec un écart de 1 à 6,

  1. assumer l’audace des décisions politiques unilatérales :

pour l’Europe, les monnaies, les nucléaires, la fiscalité…

 

2 - Alors que la situation est si critique pourquoi les gens sont-ils si peu intéressés à la décroissance ?

 

I-                    Ils savent mais ils font comme si il n’y aura pas de problème, ils sont dans le déni, le nihilisme. Citation de Meheutz : « et pour l’instant cette connaissance ne semble pas servir à grand-chose. Dans une certaine mesure, elle contribue même à nous paralyser. »

II-                  Ils savent plus ou moins, sont angoissés et finalement demandent à l’Etat de leur mentir pour que tout continue comme avant et que leur angoisse baisse : thèse de Roger Belbeoch : « Tchernoblues ». Esprit frappeur …et ça marche !

III-                Les médias parlent peu des lanceurs d’alerte ou lorsqu’ils le font ils risquent de perdre de l’audience. Les syndicats non plus car ils risquent de perdre leurs adhérents, de façon générale les corps intermédiaires (syndicats, médecins, journalistes, avocats) ont démissionné. « Modérer la croissance est une entreprise de politique internationale elle se heurtera non à la lutte des classes, mais à la complicité des classes syndicats ouvriers, syndicats patronaux, confédérations de cadres opposés quant au libellé des feuilles de paie sont solidaires quant à l’expansion. » André Amar 1973 N° de la NeF.

IV-                Ils ont la foi, qu’il y aura une solution technique aux problèmes posés par la technique et en la « croissance verte », le développement durable : qui est polluer moins pour polluer plus longtemps.

V-                  La croissance est inscrite dans la Constitution de la Vème république, s’y opposer est quasiment un acte « anticonstitutionnel ».

VI-                La distraction a remplacé l’information. La société a été détruite, la séparation est organisée par la TV, la voiture et son monde….

VII-              La politique est dévalorisée, la vision dominante de la politique c’est à travers le prisme de l’entreprise, la gestion de la société a disparu derrière les impératifs de la gestion des entreprises, qui ont été repris par les employés.

 

 

 

 

 

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A propos du nucléaire. Communication de Jean-Luc Pasquinet

Que signifie « arrêt immédiat » du nucléaire ?

 

 

Dans le cadre du débat sur la transition énergétique on trouve un grand absent : il s’agit de  l’arrêt immédiat du nucléaire.

 

Contrairement à ce qu’on pourrait penser il ne s’agit pas d’une position « radicale » et encore moins « extrémiste ».

Il s’agit plutôt d’une position très « pragmatique » et très « réaliste ».

Car en fait, de quoi s’agit-il lorsqu’on parle d’ « arrêt immédiat » du nucléaire ?

Il n’est pas possible d’arrêter « immédiatement » en appuyant sur un bouton la totalité de la production électronucléaire, surtout dans un pays où elle représente 77 % de la production électrique.

 

Par contre, on sait que les centrales thermiques fossiles gaz et charbon sont sous-utilisées ou utilisées uniquement durant les périodes de pointe comme le rappelle le journal « Le Monde » dans son numéro du 29/11/2012 : « Electricité : l’Europe retourne au charbon ».

On sait aussi qu’en portant ce taux d’utilisation des 20 % environ actuellement à 90 % on pourrait arrêter « immédiatement » 25 réacteurs sur 58. Pour le reste un savant mélange de sobriété (une loi en ce sens est en préparation pour interdire l’éclairage des devantures la nuit), en construisant de nouvelles centrales au gaz ou au charbon et en réduisant les exportations devrait permettre d’arrêter la totalité du nucléaire facilement dans les délais d’une législature.

 

L’arrêt immédiat est donc un scénario qui part du constat que le nucléaire étant source de catastrophes il faut tout faire pour l’arrêter le plus vite possible de la façon la plus pragmatique, sans mettre comme préalable le renouvelable ni le changement de société.

 

Nous entendons déjà la question relative aux gaz à effet de serre :

 

Tout d’abord le nucléaire ne représente que 2 % de la consommation finale d’énergie, remplacer tout le nucléaire par du charbon et du gaz ne devrait quasiment pas générer de gaz à effet de serre et permettrait d’éviter beaucoup de catastrophes comme à Tchernobyl ou à Fukushima….

 

Par ailleurs, il existe une grande confusion et malheureusement elle est la plus répandue chez les écologistes qu’ailleurs, c’est celle entre énergie et électricité.

 

L’électricité est produite essentiellement avec du fossile dans le monde et essentiellement avec du charbon, le nucléaire est marginal et en déclin et sa part dans le mix énergétique mondial ne représente plus que de 2 % de la consommation finale d’énergie.

 

L’énergie, c’est d’abord le pétrole. Le pétrole c’est le sang de notre civilisation, il est au cœur de l’organisation libérale et productiviste du monde, c’est lui qui permet l’utilisation des automobiles, des avions, des machines agricoles, des cargos….et de beaucoup de machines industrielles.

 

Or, la voiture et son monde, les avions, l’agriculture productiviste, ….expliquent l’essentiel des gaz à effet de serre; d’après le site manicore.com[1], la consommation de pétrole expliquerait 35 % des gaz à effet de serre contre 22 % pour le charbon et 20 % pour le gaz.

 

Pétrole

35 %

Charbon

22 %

Gaz

20 %

Total

75 %

 

 

Nous passerons sur les incertitudes relatives à la contribution des différentes sources aux gaz à effet qui peut varier énormément selon les auteurs, par exemple de 6 g/KW pour « manicore.com » à 120 g/KW selon d’autres sources.

 

Or, contrairement à ce qui est avancé dans ce site, la production d’électricité n’est pas la principale cause de production des gaz à effet de serre.

 

Si l’on tient compte de la répartition de ces sources d’énergie dans la production d’électricité mondiale, l'électricité représente 25 % de la demande d'énergie finale et provient pour 39 % du charbon, 19 % d’énergies renouvelables, 15 % du nucléaire, 20 % du gaz et 7 % du pétrole (goodplanet.info). Ce qui signifie que la contribution des fossiles à l’émission de gaz à effet de serre en dehors de la production d’électricité se répartirait ainsi :

                 

Ressources

Part dans émission de GES

Part ressources dans pion d’électricité

Part ressources dans émission GES pour pion d’électricité

Contribution ressources hors électricité

Pétrole

>35 %

>7%

35%*7% = 2,45 %

35 %-2,45 % =32,55%

Charbon

>22 %

>39%

22%*39% = 8,58 %

22 %-8,58 %=13,42 %

Gaz

> 20%

>20%

20%*20% = 4 %

20 %-4 % =16 %

Nucléaire

 

>15%

 

 

Renouvelable

 

>19%

 

 

Total

75 %

100 %

15 %

61,97 %

 

 

Et donc la contribution des gaz à effet de serre du charbon et du gaz serait de 13,42 %+16% = 29,42  % hors électricité et celle du pétrole de 32,55 % hors électricité.

 

Mais si l’on compare la contribution à l’émission des gaz à effet de serre des fossiles consacrée à produire de l’électricité elle n’est plus que de 15 % (8,55%+4%+2,45%), contre 61,97 % (13,42 %+16%+32,55 %) pour la part consacrée à l’énergie.

 

Le pétrole et son monde expliquent  bien l’essentiel des gaz à effet de serre.

 

Dans ces conditions, la meilleur façon de lutter contre les gaz à effet de serre c’est de réduire les émissions dues au pétrole et à son monde. De commencer à relocaliser les économies, c'est-à-dire de lutter contre le libéralisme et sa division internationale du travail qui nécessite un recours sans cesse croissant au pétrole ; par exemple lorsqu’on pèche des crevettes en Thaïlande qu’on les décortique dans un autre pays, qu’on les conditionne dans un troisième,  pour les vendre dans un quatrième pays….De lancer une réflexion sur la sobriété, les produits, leur usage : de quoi avons-nous réellement besoin ? Qu’on réduise drastiquement l’usage de l’automobile, des transports aériens, que l’on remette en cause l’agriculture productiviste et forte consommatrice de pesticides, etc.…

Une fois le nucléaire arrêté, nous pourrons réfléchir plus sereinement à la meilleure organisation sociale, politique et économique qui nous permettrait de dépasser la société productiviste dans laquelle nous vivons. Celle-ci nous broie dans un étau constitué d’un côté par la disparition des ressources naturelles non renouvelables et de l’autre l’augmentation des déchets de toutes sortes et pas seulement des gaz à effet de serre.

 

Jean-Luc Pasquinet



[1] Site du pro nucléaire Jancovici qui oppose nucléaire et gaz à effet de serre, c’est à dessein que nous avons repris ses statistiques, dont certaines sont fausses (notamment la part du nucléaire dans le mix électrique mondial n’est plus que de 13% et non point 15 %) pour montrer comment il essaye de tromper son monde….

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12 janvier 2013

Ile de France décroissance sur Radio-libertaire. L'émission audio.

C'était samedi 15 décembre, 

  de 10h à 11h30 à Radio-Libertaire. 

    "Philanthropie de l'ouvrier charpentier", avec Michel Culus, Christian Ghiotti,  Jean-François Latour et 

Jean-Luc Pasquinet d'Ile de France décroissance. Interview menée par Philippe, militant libertaire. 

 

 http://reconquerirsavie.fr/wp-content/uploads/2013/01/D%c3%a9croissance%20sur%20Radio%20Libertaire%202012-12-15.mp3

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09 décembre 2012

La fiscalité nous intéresse. Communiqué d'Ile-de-France Décroissance

    Communiqué de presse
Ile-de-France Décroissance                            
 
Une révolution fiscale au service d’une société écologiquement soutenable : est-il encore temps, et comment ?
 
Alors que les objecteurs de croissance sont hostiles au keynésianisme (mais ils n’aiment pas plus le libéralisme et sa loi du marché), examiner si l’outil fiscal pourrait aider à mener la « conversion écologique » que nous appelons de nos vœux semble paradoxal et demande des explications.
 
La fiscalité est en effet un outil au service de l’Etat, or nous ne souhaitons pas accorder à l’Etat, en tant que pouvoir coercitif, un rôle trop important.
 
Néanmoins, la fiscalité est synonyme de « révolution » et de démocratie, c’est au nom du contrôle de la dépense publique que les Britanniques ont obtenu des droits démocratiques.
De même, c’est notamment à cause de l’absence de contrôle de la dépense publique que la Révolution française a eu lieu.
 
Toutefois, nous ne sommes plus au XVIIème, ni au XVIIIème siècle et l’enjeu n’est plus de « faire la révolution » contre un monarque tout puissant comme le firent la bourgeoisie anglaise et plus tard la française. Il s’agit d’accompagner au mieux un changement de Civilisation de façon à ce que la communauté humaine puisse vivre en harmonie avec la Nature.
Ce qui signifie que nos propositions ne pourront être que des propositions de transition, des propositions pour impulser et/ou aider à la transition/conversion vers une civilisation qui ne s’appuierait plus sur l’encouragement à la croissance du PIB (et ce faisant à la lente mais irrémédiable destruction du propre habitat de ses membres et même de ces derniers).
Ces propositions seront arrachées par des minorités à un parti de gouvernement suite à une stratégie debasculement. Il ne suffira pas de se rassembler autour d’organisations qui maintiennent l’illusion de stratégies de renversement par des majorités institutionnelles : nous défendons une stratégie de basculement par des minorités, en convergence avec les mouvements sociaux, pour influencer des majorités. C'est cela la révolution « lente », celle qui constitue notre perspective politique.
Conscients dès lors de la contradiction que peut constituer la présente démarche, nous effectuons cependant les propositions qui suivent par esprit de responsabilité vis-à-vis de nos concitoyen-ne-s et souci de « réalisme » compte tenu de l’urgence que commande la gravité de la situation[1].
 
 
1/ Relocalisation écologique :
1.1 Consommation : substitution aux TVA, TIPP, TGAP, … d’une taxe écologique sur la consommation[2], assise sur le prix des marchandises/services et dont le taux dépendrait de l’intensité de ceux-ci en ressources non renouvelables et en déchets[3] (pondération entre 0 et 1 appliquée à un taux plafond « dissuasif ») ; l’instauration d’une telle taxe serait encore plus pertinente dans l’ensemble de l’UE.
Ainsi, les produits/services les plus « vertueux » (naturels, locaux, artisanaux, non énergivores, …), « pondérés » à 0 seraient taxés au taux minimum, 0%, ce qui combiné à la mesure suivante 1.2, pourrait diminuer leur prix (en cible d’environ 25%) ;
A l’opposé, les produits/services les moins « vertueux », pondérés à 1 (au maximum), seraient taxés au taux plafond retenu (avec 500% comme plafond, leur prix serait multiplié par 5 environ[4]).
" permettrait, outre la relocalisation et l’incitation aux comportements écologiquement soutenables, le rétablissement d’une taxation effective des multinationales (fût-ce-t-elle indirecte), en particulier des géants de l’informatique qui localisent une grande partie de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux.
1.2 Crédit d’impôt ou subvention pour les entreprises qui recyclent avec les critères ci-dessous (1.3),
1.3 En ce qui concerne le secteur productif : mise en œuvre d’une taxation écologique tenant compte de l’intensité Ressources Non Renouvelables et Déchets[5] et s’inspirant de l’ « écologie industrielle », mais de façon critique afin d’encourager la mise en réseau des entreprises, leur relocalisation et la recherche de produits ayant une intensité RNR et D la plus basse.
2/ Arrêt des politiques natalistes :
- suppression du quotient conjugal (lequel constitue une rupture d’égalité devant l’impôt " anticonstitutionnel)" neutralité de la fiscalité par rapport aux choix de vie
- suppression du quotient familial et octroi d’allocations familiales dégressives à compter du 3ème enfant.
Ces mesures « écologiques » devraient être complétées par les mesures suivantes, par souci de justice et de simplicité :
3/ simplicité : retenue à la source de l’impôt sur le revenu
4/ justice/lisibilité/redistribution : rétablissement de la progressivité de l’impôt sur le revenu en élargissant la base d’imposition (fusion IR et CSG et suppression de la plupart des niches fiscales[6]) combiné à un barème de taux plus échelonnés (l’idée étant en outre de tendre vers un revenu maximum accepté dont le montant serait démocratiquement fixé)
5/ justice : taxation identique des différents types de revenu : du travail, du capital, sociaux (dont allocations familiales ; à défaut, prise en compte de celles-ci dans le RFR et pour le taux moyen d’imposition), …
6/ justice/progressivité : suppression de la discrimination envers les résidents consistant à ne pas tenir compte pour l’imposition des non-résidents de l’ensemble de leurs facultés contributives pour la détermination de leur taux moyen d’imposition à l’IR et l’ISF.
7/ harmonisation fiscale en Europe (en particulier taxe écologique sur la consommation et imposition des bénéfices des entreprises, cotisations sociales, coopération bien plus étroite qu’actuellement concernant l’imposition des multinationales et leur transparence, réforme en profondeur de la PAC), adaptation des règles OCDE à l’économie numérique(notamment adaptation de la règle de l’établissement stable, prix de transfert), fermeture des paradis fiscaux (à tout le moins non reconnaissance des écrans que constituent les structures enregistrées dans ceux-ci).
Ces mesures, qui favoriseront en premier lieu la recherche du plein-emploi – afin de remédier à la misère d’une partie croissante de la population et au chômage générés désormais par ce modèle de société prisonnier de et aveuglé par cette inepte recherche de la croissance du PIB -, devraient en outre favoriser la relocalisation systématique des activités utiles et être accompagnées d’une réflexion sur les produits, les besoins et les finalités (tout-pesticide, produits chimiques[7], construction d’autoroutes, d’aéroports, chauffages électriques, finalités du travail, etc), d’un arrêt des activités les plus nuisibles (nucléaire), et d’une reconversion progressive des activités parasitaires comme la publicité.
 


Annexe : de la Décroissance
 
C’est non seulement la religion de la croissance qui est en crise, mais le retour de la croissance du PIB lui-même est devenue  improbable.
 
En ces temps de débat d’orientation énergétique dont l’issue est connue d’avance (part importante au nucléaire), de tenue d’un Grenelle bis ou de location des services de Nicolas Hulot pour donner une caution écologique à ce gouvernement PS-EELV, de loi de finances et de rapport sur la « compétitivité », les mesurettes annoncées sont loin d’être à la hauteur de la gravité de la situation[8], qui nécessiterait des mesures radicales !, de même que son actuelle intransigeance sur le projet d’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landes confirme le peu de considération de ce gouvernement envers le dialogue citoyen et les enjeux écologiques.
Lors des dernières élections législatives, nous, les objecteurs de croissance, avons promu la sobriété et le qualitatif, dénoncé ce mode de vie à crédit sur notre environnement et tenté d’alerter sur la gravité de la situation à venir et le probable non-retour de la croissance du PIB, mais nous avons été ignorés, voire caricaturés et moqués, au profit des vendeurs de « croissance », marchands d’illusion du « toujours plus ».
Les politiciens de droite hier et ceux de gauche aujourd’hui centrent toute leur action – au mieux par un aveuglement coupable ou une confondante naïveté – sur le retour de la « croissance » (du PIB), tel Zorro pour nous sauver de la méchante récession (on parle maintenant de « croissance nulle » ou « croissance négative » pour mieux nier la réalité)[9].
Or, comme cela peut être constaté sur le graphique ci-dessous, l’évolution du PIB français a une histoire et une tendance lourde, celle-ci est orientée vers un seul destin : la récession. Une fois la couche moyenne installée, de maigres lois « environnementales » votées, il est très difficile de faire marche arrière et ainsi il ne reste plus que la récession ou le « traitement de choc » pour espérer maintenir un minimum de croissance. Cette situation ne peut que déboucher sur la barbarie, car peu à peu apparaissent les limites physiques et géologiques à la croissance.
http://www.les-crises.fr/images/0620-pib/0622-pib-france-histo/pib-decennie.jpg
Car la source de nos problèmes est si intégrée à notre Civilisation qu’elle en obstrue quasiment toute possibilité de changement. Faute d’une remise en question lucide et radicale, les maintes dispositions prises pour parer aux revers d’un système entièrement fondé sur la recherche de la « croissance économique »[10] sont au mieux aussi efficaces que de creuser un trou pour en combler un autre.
Ce modèle de société productiviste, qui a perdu tout sens des limites, basé sur la prédation par l’Etre humain du reste de la Nature et sur une foi aveugle envers la technique, est aujourd’hui confronté à la finitude de la Planète et à l’épuisement de ses ressources ; ce modèle est même devenu dangereux pour l’Humanité tout entière.
Un enfant de cinq ans parvient à réaliser qu’il ne peut faire plus de châteaux de sable qu’il ne possède de sable dans son bac, et pourtant très peu d’économistes ou de politiciens sont encore aujourd’hui prêts à admettre que notre continuelle quête de croissance matérielle devait se confronter un jour ou l’autre aux limites des capacités de notre Planète.
Nous ne sommes pas, de ce fait, confrontés à une crise passagère, mais à une situation durable et globale, et surtout totalement inconnue, à la fois « civilisationnelle » et « géologique », une situation à laquelle les êtres humains n’ont jamais été confrontés.
Pour la 1ère fois dans l’histoire de l’Humanité en effet, nous atteignons le plafond de verre de nos ressources (matières premières, terres agricoles, terre constructibles, alimentations), et nous produisons tellement de déchets qu’ils mettent en péril la biosphère ; or, la plupart de nos intellectuels et experts, qui nous inondent d’analyses fausses et désuettes, sans parler des membres de notre nomenklatura (énarques, …), bardés de leurs connaissances livresques et soucieux de la sauvegarde des privilèges dont ils jouissent, formatés[11], conformés à des schémas dépassés, ont du mal à réaliser tout cela. Ils n’ont rien lu sur ce type de crise, ne savent pas l’imaginer, ni la concevoir, et, pour paraphraser Jared Diamond à propos des élites de l’Ile de Pâques et de celles de la civilisation Maya, n’auraient pas les moyens intellectuels d’expertiser l’effondrement en cours.
Tout cela pourrait n’être regardé que comme des élucubrations d’écologistes radicaux et illuminés, de « Khmers verts ». On rappellera cependant que nous rejetions déjà en 1972 85% des capacités d’absorption de la biosphère, 100% en 1986, et 150% aujourd’hui, le rythme s’accélérant ; et par ailleurs que la banquise du pôle Nord a fondu cet été au-delà des prévisions les plus pessimistes ...
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2012/126/Futurism-Got-Corn-graph-631-thumb.jpg
En 1914, personne n’avait compris Sarajevo, une petite crise diplomatique qui allait se résoudre ; personne n’avait prévu l’extension à la planète d’une guerre longue et meurtrière.
En 2008, la crise des subprimes n’a été comprise que comme une crise économique passagère d’origine financière (et non pas comme due à la hausse du prix des matières premières et au franchissement du pic de pétrole). Malgré la récession larvée dans de nombreux pays occidentaux et les symptômes que constituent les révolutions arabes (par ailleurs salutaires), très peu de personnes ne semblent encore voir venir la dépression mondiale et les profonds bouleversements qui en découleront, et que ce marasme dans lequel nous nous enfonçons un peu plus chaque jour est en fait d’origine civilisationnel et géologique.
Aussi, nous en appelons à une véritable révolution culturelle voire civilisationnelle, portons un projet de société d’« abondance frugale », ou pour le dire comme Tim Jackson, de « prospérité sans croissance », de relocalisation, ralentissement, de plus de bien-être, de liens sociaux, de dignité, de coopération, de simplicité, de sens, d’harmonie, d’épanouissement et de « bien-vivre » pour tous, en particulier pour les plus modestes[12], et entendons :
-          ne pas cautionner, et au contraire « Résister », à cette course à la puissance et à l’accumulation, à cette mortifère compétition de tous contre tous - et de tous contre la Nature -, aux institutions politiques actuelles que nous n’estimons aucunement représentatives, donc pas à même de servir l’intérêt général, lequel nécessiterait par ailleurs des perspectives de 30-40 ans au minimum plutôt que la dictature du court terme électoral[13] et de la finance,
-           replacer le pouvoir politique sous le contrôle de la société civile et même permettre à chaque citoyen-ne de prendre part à la gestion des affaires communes (démocratie réelle via démocraties directes à taille humaine – locales d’abord, régionales, nationales à défaut, cf. Suisse -, tirage au sort/rotation/non-cumul/révocabilité des fonctions et mandats, autogestion, …).
A cet égard, nous en appelons, à l’instar de ce qui se fait actuellement en Islande, à la formation d’uneAssemblée constituante composée de simples citoyen-ne-s et chargée de rédiger une nouvelle Constitution, ainsi que, concernant le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ou tout grand projet d’aménagement comme en Ile-de-France le triangle de Gonesse, à un grand débat public ainsi qu’à une votation d’initiative citoyenne.

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01 décembre 2012

Que faire maintenant?

                                  Que faire maintenant dans la décroissance ?

 

 

Comment comprendre la lenteur de la quasi-totalité de la population, le médiocre intérêt pour la décroissance quand s’accélère l’épuisement des ressources naturelles et l’écocide, quand approche « l’effondrement » programmé ?

Quand, après 40 ans de confirmation des courbes du Club de Rome, nous sommons la société d’en tirer les conséquences,  nous faisons face à de l’obscurantisme et à  ce que l’on peut appeler un nouveau nihilisme.

Le monde croissanciste demande en quelque sorte à quelques Cassandre  de ne pas croire en ce qu’ils  savent. L’oligarchie et les décideurs ont évidemment intégré ces données imparables mais la quasi-totalité des peuples et de leurs dirigeants semblent dans l’incapacité de lire seulement ces données et témoignent dans leurs agissements, leurs croyances, leur imaginaire d’une légèreté suicidaire qui masque tout ce qui pourrait faire sens.

La croissance verte est la marque d’aujourd’hui d’une société de croissance qui veut faire croire aux populations de nos pays que son système peut durer. Le  capitalisme, par essence croissanciste, est fondamentalement prédateur et ne peut aujourd’hui réaliser ses affaires qu’en saccageant de plus en plus la planète et en l’adaptant à ses besoins. Depuis 2005 et la Charte de l’Environnement gravée dans la Constitution de la 5° République, il est écrit dans le marbre que « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social. »

La décroissance est inconstitutionnelle et la destruction de la nature s’intensifie.

Mais les escargots avancent longtemps, et de manière discrète. C’est dans leur nature.

Trop en avance aujourd’hui, nous pouvons penser apparaître  en masse, au grand jour, lorsque les contradictions et l’impuissance du système capitaliste approchera le  point de rupture : le collapse qui vient, l’effondrement maintenant imparable (voir les courbes du rapport au Club de Rome, toujours validées, un bon graphique en disant plus long qu’un long discours).

Concernant nos problèmes redondants de « communication » avec les médias, l’époque actuelle se prête à tant de jugements négatifs et caricaturaux sur nous que nous perdrions notre temps à vouloir toujours réagir à ce que nous pourrions prendre pour des injustices de traitement, des formes de censure. Qui, du « Figaro » à « l’Humanité », en passant par des journaux à priori plus ouverts, comme « Politis », n’a-t-il pas lu un entrefilet menteur, voire haineux, sur tel ou tel aspect de la mouvance de la décroissance ?

Le décalage entre la vie et les aspirations d’un objecteur de croissance authentique- mais  nous pouvons certainement dire qu’il y a des « degrés » dans l’objection de croissance-  et la « vie » telle qu’elle est présentée par ces grands endormeurs que sont les médias dominants est trop grand pour que ces vies puissent être mélangées.

Les télévisions ne sont pas faites pour nous. Aux heures de grandes écoutes en tout cas, nous ne les intéressons que pour corroborer ce qu’ils peuvent dire de nous. Comme le dit Paul Ariès, les télés veulent des « décroissants qui courent tout nus dans les bois », parce que c’est  télévisuel et  spectaculaire. Nous sommes bien dans une société du spectacle.

C’est qu’il faut tout de même lire un peu, et  les auteurs de référence de la décroissance sont peu connus du grand public. Mais les vulgariser, dans le bon sens du terme, n’est pas du goût des télévisions et aborder une problématique qui remet en cause aussi radicalement les modes de vie dominants ou les aspirations de la plupart, en prenant les auteurs au sérieux, est peu compatible avec l’objectif de grands médias dont le succès se mesure à l’aune de l’audience du grand public et des contrats publicitaires.

Même si la base paraît simple et à la portée d’un enfant de cinq ans : « une croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité », il est ancré dans les croyances collectives que « l’humanité aura toujours du pétrole » ou que « l’homme trouvera des solutions ». Car la lucidité fait frémir  et le déni, forme d’orthodoxie dominante,  reste la meilleure défense psychique contre l’angoisse. Et le conformisme fait le reste.

Alors nos contemporains ne parlent de la décroissance que par « ouï-dire ». 

C’est le règne de la langue de bois et des clichés.

Dans nos pays développés, chacun autour de nous essaie de préserver son petit confort matériel (la quasi-totalité de la population) ou intellectuel (les journalistes « chiens de garde »  et  la quasi-totalité de la classe politique).

Mais comment voulez-vous demander à un entrepreneur de « vivre » la simplicité volontaire ?

Comment demander à un élu local de jouer contre son camp en s’opposant à des projets de promoteurs immobiliers et donc en s’opposant directement à des créations d’emploi ?

Ou encore à un militant syndicaliste, enfermé dans la défense d’intérêts catégoriels, de mettre quelque chose de l’ordre de la critique du productivisme dans sa pratique de l’entreprise ? Voir à ce sujet  les échecs de nos rares amis objecteurs de croissance qui se sont introduits à  la CGT. Le « pas de côté » n’est pas si simple pour touTEs.

Lorsque nous affirmons l’impératif d’une diminution drastique de l’empreinte écologique, et donc notre opposition à une hausse du SMIC, nous pouvons être assimilés à des défenseurs des actionnaires des entreprises, d’une certaine bourgeoisie par des gens d’une gauche marxisante qui montre ses limites historiques.

Mais surtout notre opposition radicale au bétonnage, aux gaz de schistes, à ces GP2I (grands projets inutiles imposés) nous jette aujourd’hui dans une lutte qui ne peut aller maintenant qu’en s’intensifiant.

Nous nous heurtons à, schématiquement, des oligarques (pour qui rien ne doit changer) des preneurs d’ordre (nos politiques), des courtisans (nos médias) et des spectateurs (la quasi-totalité de la population) dont l’inertie relève d’une complicité implicite et coupable.

Devons-nous laisser agir le temps et rester les bras croisés devant la destruction totale ?

 

Il est de plus en plus clair que les anciennes révolutions politiques ont fait du mot « révolution » un emploi tout à fait abusif : elles n’intégraient pas la dimension de la planète et de ses ressources limitées. Marx était lui-même fasciné par la production de l’agriculture industrielle et par les techniques.

Le mot révolution, au sens marxiste, est maintenant un mot gelé, mort.

Au moment où le monde entreprend son plus profond changement depuis le début de notre civilisation,  par amplification de la destruction des écosystèmes et par intensification de l’épuisement des ressources naturelles, les « vrais » révolutionnaires n’ont jamais été plus rares qu’aujourd’hui.

 

Mais dans l’ordre des urgences du monde, comment parler de décroissance aux personnes vivant ici en France dans l’angoisse des expulsions, dans la misère d’une retraite misérable ? Aux SDF de France ? Comment parler de décroissance aux paysans chinois obligés de quitter leur sol pour rejoindre des bidonvilles urbains ? Comment parler de décroissance aux affamés du Niger ? Aux pêcheurs de la côte ouest africaine dont les réserves de poissons furent détruits, à la précédente décennie, par la pêche industrielle de l’Union Européenne ? Il y a des choses à apprendre des formes de résilience à la misère que nous pouvons observer ici ou là. Des choses à articuler et des échanges de compétence à effectuer entre les acteurs sociaux. Il y a heureusement déjà des choses qui se font. Nos uto-pistes, nos propositions alternatives, centrées sur le partage, sont à diffuser massivement.

 

Il s’agit  maintenant de lier tous ces problèmes, de faire converger les initiatives locales de transition et toutes les expériences alternatives qui se jouent ici et maintenant.

L’intensification des luttes et des enjeux (comme l’illustre Notre Dame des Landes) passe par l’approfondissement de la  lutte globale contre les GP2i (Grands Projets inutiles imposés). Nous pouvons fédérer contre ces projets mortifères qui nous concernent touTEs : le plus grand dénominateur commun pour toute la population. Fédérer sur ces projets veut aussi dire se concentrer sur ces problèmes et ne pas s’en écarter (comme par exemple se perdre dans telle ou telle question de société : hors sujet…).

C’est vers ce travail qu’il nous faut aller.

 

                                                                                                                   Christian Ghiotti

                                                                                          Pour « Ile de France Décroissance »

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25 octobre 2012

Notre-Dame-des-Landes, le nouveau Larzac!

Hollande, Ayrault, Notre-Dame-Des-Landes sera votre Larzac

Propositions du Mouvement des Objecteurs de Croissance

dimanche 21 octobre 2012, par Christian Sunt

Appel à l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes

Les Objecteurs de croissance ne feront pas un communiqué de soutien de plus à la lutte d’occupation de Notre-Dame-Des-Landes. Pourtant nous en aurions la légitimité, beaucoup d’habitants de la ZAD sont objecteurs de croissance ; c’est à NDDL que nous avons, avec d’autres, lancé l’Appel "Relocalisons", pour que se créent des Collectifs pour la Relocalisation et la Sauvegarde des terres vivrières.

Mais il faut maintenant que l’ENSEMBLE de ceux qui soutiennent la lutte à NDDL se rassemblent sur un texte commun pour marquer notre détermination contre l’absurdité productiviste du gouvernement Ayrault.

Ensemble il faut agir !

SI le PS et Vinci nous délogent, nous délogerons Vinci et le PS ! Créons partout des Collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL Préparons des actions sur ce sujet et tant d’autres pour le (Contre-)Congrès du PS, à Toulouse du 26 au 28 octobre.... Proposez et annoncez vos actions : contact@contrecongresps.org

La coopérative du Mouvement des Objecteurs de Croissance

contact@ml.les-oc.info

http://www.les-oc.info/

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, destiné à remplacer en 2017 l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, a été validé par l’État et les collectivités locales socialistes. Celui-ci est devenu le symbole des Grands Projets Inutiles Imposés (GPII).

8 mai 2012 un accord avait lieu entre une délégation du parti socialiste de Loire-Atlantique et des paysans alors en grève de la faim, qui s’opposaient aux expropriations et expulsions des terres de Notre-Dame-des-Landes. Un moratoire stoppait alors toute expulsion et suspendait les travaux. L’engagement était pris qu’ils pourraient rester dans leurs fermes jusqu’à la fin des derniers recours concernant les procédures engagées.

16 octobre 2012 : les occupant-e-s de la ZAD (Zone A Défendre), et des soutiens extérieurs, résistent aux expulsions et tentent de réoccuper les lieux vidés de leurs habitant-e-s. Les forces militaires en présence sont d’une ampleur sans précédent et lancent chaque jour des opérations de grande envergure afin de les en empêcher. Le silence des médias restent assourdissant.

L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.

Au-delà du soutien physique, moral, politique que le Parti Pour La Décroissance apporte à cette résistance légitime, pour la préservation d’un vaste territoire de bocage unique et de terres agricoles, se perpétue la question de la légitimité de ces trop nombreux grands projets inutiles imposés et nuisibles (LGV, autoroutes, EPR, Laser Mégajoule...).

Dominique Fresneau, président de l’Acipa, principale association d’opposants le rappelle si bien : "Nous comptons en France déjà 145 aéroports (contre 47 en Allemagne, 37 en Angleterre)" ...sommes-nous à ce point obstinés à dilapider l’argent public dans la poursuite de tous ces projets pharaoniques sur la pure spéculation de besoins futurs ?

En fait, il est fort vraisemblable que l’aérien commercial tel que nous le connaissons ait disparu bien avant que cet aéroport soit terminé. L’enjeu aujourd’hui n’est plus de gaspiller toujours plus de pétrole mais bien de nourrir la planète !

Présentés comme le progrès en marche, alors même que de nombreux experts contestent leur viabilité économique et leur utilité réelle, ces projets ne reflètent que l’organisation d’une société souhaitée par une petite minorité. En prônant une pleine jouissance des ressources planétaires, par le pillage, la destruction des écosystèmes, de la terre nourricière, le capitalisme nous bouscule vers des logiques imposées de « maldéveloppement ». Non, « plus » n’est pas forcément mieux, encore moins lorsqu’il est sans rapport avec les besoins réels de la population. Les intérêts économiques en jeu derrière tous ces grands projets mégalomaniaques, posent de véritables questions : pour quoi ? et pour qui ? Nombreux sont ceux qui sous-estiment leur dangerosité, dénonçant simplement les nombreux artifices d’une législation de plus en plus contraignante, destinée à offrir de vaines garanties écologiques et incitant au greenwashing.

Il existe plusieurs manières d’aménager nos territoires ou de penser nos organisations collectives. Par l’expérimentation concrète, de nombreux collectifs deviennent force de proposition. De véritables contre-exemples prennent vie tout en répondant à la satisfaction des besoins sociaux. Plaçons-nous du côté du bon usage, de la frugalité, de la gratuité (des transports publics, de l’eau...), osons des actes de désobéissance qui interrogent nos concitoyens, allons jusqu’au bout de la critique par l’invention de nouvelles pratiques (jardins partagés, AMAP, slow food, accueil-paysan...) à opposer à chaque nouveau GPII qui se présente près de chez nous ! Montrons combien l’argent gaspillé pourrait permettre d’élargir le champ des possibles quant « au mieux vivre », pour chacun d’entre nous.

Des petits projets utiles au lieu des grands projets inutiles. D’autres solutions sont possibles, soyons créatifs et construisons une alternative à ces projets mégalomanes et initions une transition vers de nouveaux modèles de sociétés soutenables et souhaitables.

Dès maintenant, nous appelons l’ensemble des mouvements qui s’opposent au projet destructeur de Notre Dame des Landes, ainsi que les objecteurs de croissance qui le peuvent, à créer partout des collectifs de soutien à la lutte des paysans et habitants de NDDL. Enfin, il y a cette lettre contre les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII) que vous pouvez envoyer au président de la république. Plus de détails ici.

Parti Pour La Décroissance

contact@ml.partipourladecroissance.nethttp://www.partipourladecroissance.net/

D’autres informations : « Notre victoire ne sera pas militaire,
elle ne peut être que politique » :http://www.bastamag.net/article2710.html Les anti-Ayrault avaient pourtant voté Hollande : http://www.partipourladecroissance....Les Grands projets inutiles imposés :http://paularies.canalblog.com/page... L’art des grands projets inutiles : http://www.monde-diplomatique.fr/20...

Hollande et les jeunes : http://reporterre.net/spip.php?arti...Assourdissant silence médiatique sur la guerre civile contre l’écologie à l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landeshttp://www.superno.com/blog/2012/10...

Bridget Kyoto : le nanéroport http://youtu.be/WYqbHXj0Wh4

FLASH INFO

sur les expulsions jeudi 18 octobre ici :https://zad.nadir.org/spip.php?arti...

Voir en ligne : https://zad.nadir.org/

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13 septembre 2012

NON AU POUVOIR DES BANQUES! NON A L'AUSTERITE!

Ile de France Décroissance

 

 Pas de pacte budgétaire sans l'expression des citoyen(ne)s par référendum

 

                  Non au déni de démocratie ! Non au pouvoir des Banques !

 

 

Il y a urgence pour empêcher que les finances publiques de la France soient soumises au bon vouloir de la Commission Européenne !

 

Le gouvernement Ayrault-Hollande s'y oriente en effet,  par un simple passage par la voie parlementaire, avant la fin du mois de septembre 2012, sans consulter les français(se)s !  Pourtant, le contenu du Traité pour la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance de la zone Euro (TSCG ou pacte budgétaire) n'est qu'une prolongation du traité de Lisbonne, lui-même frère jumeau du Traité Constitutionnel Européen (TCE) rejeté par référendum (54,68 %) en 2005 ! Il ne suffit pas de se contenter de l'avis du conseil constitutionnel quant à la possibilité de gérer la « règle d'or » par une simple loi. L'exigence du respect de la démocratie impose de donner la primauté au peuple pour décider de confirmer ou infirmer sa décision de 2005 quant à son choix pour une constitution européenne adaptée aux réalités sociales et écologiques. Un « simple » vote des députés et sénateurs ne peut  remplacer la voix du peuple.

 

Le nouveau Président, auto-estampillé « normal »,  ne s'était pas engagé à refuser la parole aux citoyen(ne)s pour ce sujet pourtant fondamental pour la maîtrise nationale du Budget de la France et le refus de l'inscription de la « règle d'or » et de la rigueur obligatoire correspondante (voir les exemples Grecs, Espagnols ou Italiens) dans nos textes nationaux. Aucun des nouveaux députés n'avaient inscrit cette négation de la démocratie dans ses engagements électoraux … même si certains, pourtant élus avec toutes les voix de gauche, pensent aujourd'hui que la voie parlementaire est préférable.

 

Plusieurs organisations (en particulier par une « lettre ouverte à François Hollande : non au « pacte budgétaire », pas d'Europe sans citoyen » déjà signée par des représentants de plus de 30 organisations ou partis de gauche, http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire) ont déjà lancé des actions pour exiger un référendum sur le pacte budgétaire. Chacune a récolté quelques milliers ou dizaines de milliers de signataires sans que la vague soit suffisante pour provoquer le débat de manière suffisante sur le plan national comme ça a été le cas en 2005 à propos du TCE. La division et la dispersion portent les risques de l'inefficacité.

 

Il est fondamental de passer à une échelle supérieure de s'organiser en conséquence très vite, pour une initiative et une campagne nationale commune. Ile de France Décroissance s’associe à toutes les initiatives qui vont dans ce sens.

 

 

Nous nous retrouverons en tout cas dans la rue le 30 septembre, bien décidés à donner, quant à nous, une grande ampleur à cette action.

 

Ile de France Décroissance             http://www.les-oc.info     http://ocparis.canalblog.com/
                                                  

 Contact :   Christian  06 67 39 48 00                       Jean-Luc  06 79 69 53 79       

 

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09 septembre 2012

où en est l'écologie politique aujourd'hui ?

le de France Décroissance           La véritable écologie politique, c’est la décroissance !

 

 

Après s’être ralliés sous conditions au PS en échange de 2 ou 3 ministères, quelques députés et quelques sénateurs, les élus d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) manient à leur tour la « langue de bois » commune à tous les politiciens chevronnés.

 

Ainsi, Cécile Duflot, ministre EELV du gouvernement Ayrault n’a-t-elle pas honte d’affirmer sereinement que Nicole Bricq, ancienne ministre de l’environnement qui refusait d’autoriser les forages en eau profonde de Shell au large de la Guyane, avait reçu une « promotion » en devenant ministre du Commerce Extérieur alors qu’elle avait été, de fait, débarquée de son ministère sous la pression des lobbies pétroliers.

 

Après le mensonge, le mutisme :

Plus un mot sur le nucléaire civil et militaire alors que de nouveaux rapports d’experts affirment que le pire est à venir à Fukushima si n’est pas résolu rapidement le problème de la piscine du réacteur n°4. Naoto Kan, premier ministre au moment de l’accident, prône aujourd’hui le démantèlement de toutes les centrales atomiques au Japon. « Je regrette sincèrement avoir crû au mythe de la sécurité absolue du nucléaire » a-t-il déclaré après avoir démissionné en août 2011.

 Et en France, devons-nous attendre que François Hollande tienne les mêmes propos après un accident majeur pour décider, comme nos voisins allemands l’ont fait, une sortie rapide du nucléaire ?

Sur le nucléaire, les élus d’EELV témoignent leur allégeance aux multinationales EDF, Alsthom et Aréva qui de son côté saccage le Niger pour en extraire l’Uranium.

 

  Plus un mot sur le projet mégalomaniaque, stupide et inutile d’aéroport de Notre Dame des Landes

(Nantes) qui doit s’étendre sur 1650 ha pour un trafic de 3 millions de passagers et qui sera plus vaste que Roissy Charles de Gaulle, qui sur « seulement » 1400 ha, en accueille 55 millions.

 Sur ce projet de NDDL, porté de longue date par l’actuel 1er ministre, tout comme sur la construction de nouvelles lignes grandes vitesse (LGV),  EELV témoigne son allégeance aux multinationales du transport et aux bétonneurs de toute sorte.

 

Plus un mot sur la question du bétonnage. En 10 ans, la France a perdu 3% de ses terres cultivables (progression des zones commerciales et résidentielles, rocades, autoroutes, lignes TGV…), soit l’équivalent d’un département. Et ça continue de plus belle !

 

Plus un mot sur l’agriculture industrielle et ses méfaits. Epuisement et pollution chimique des sols et des nappes phréatiques et mise en danger de la santé des agriculteurs et des consommateurs. Là encore,  EELV témoigne son allégeance à la FNSEA et aux lobbies des semenciers (Monsanto, Limagrain, Graines Baumaux) et aux fabricants d’engrais et de pesticides (Bayer, Rhône Poulenc…).

 

Plus un mot non plus sur les moteurs diesel dont les rejets de « particules fines » sont cancérigènes : allégeance au lobby de l’automobile.  Bref : PLUS UN MOT SUR RIEN

 

Après le mensonge et le mutisme, le cynisme.

Ainsi, Cécile Duflot, toujours elle, s’est elle réjoui de la victoire de la Droite lors des dernières législatives en Grèce car ainsi, le gouvernement grec ne remettrait pas en cause le Pacte de Stabilité européen.  Duflot et EELV se placent ainsi résolument du côté des Banques contre les peuples.

 

Après le mensonge, le mutisme et le cynisme, voilà la Collaboration. La boucle est bouclée.

                                 EELV dévoile son vrai visage et il est hideux.

 

Que devrait être l’écologie politique aujourd’hui ?

Une formation qui s’engage résolument dans la défense de notre « Mère Nature » dont l’Homme est lui-même un élément et qu’il détruit systématiquement, avec méthode et acharnement, dans un rêve de puissance infinie (croissance) au risque de mettre sa propre existence en péril.

 

 

 

Sous cet angle, l’écologie politique ne peut être qu’antiproductiviste, anticonsumériste et donc anticapitaliste. Elle n’est ni pour l’austérité imposée aux peuples pour renflouer les Banques et ainsi prolonger la survie d’un système économique à l’agonie, ni pour la relance car la croissance tant espérée ne reviendra pas ce qui est une très bonne nouvelle au regard des stocks d’énergie et de matières premières encore disponibles et plus largement, des équilibres de la biosphère.

 

La véritable écologie politique aujourd’hui, c’est la décroissance politique !

 

Ainsi, et alors que le pic de production de pétrole est dépassé depuis 2006, les socialistes et leurs alliés EELV courent encore après la croissance que déjà Sarkozy voulait « aller chercher avec les dents ».

 

Plutôt que d’engager une ambitieuse et nécessaire politique de transition énergétique et surtout de faire baisser notre consommation d’énergie globale (isolation des logements,  réduction des transports par la relocalisation et le développement des activités de proximité, ralentissement général  de notre société, etc.) nos gouvernants face à l’explosion du chômage et à leur chute dans les sondages n’ont trouvé qu’une solution : faire baisser artificiellement et temporairement le prix de l’essence de 0,06 euro/litre ! Si ce n’était pathétique, ce serait risible.

En effet, cette mesure démagogique n’a été prise que pour satisfaire à court terme la grande majorité de nos concitoyens qui souhaitent une baisse du prix de l’essence.

Répartie à 50/50 entre l’Etat et les compagnies pétrolières qui s’en sortent bien au regard de leurs bénéfices colossaux, cette mesure ne peut être que provisoire car inévitablement le prix de l’essence et de toutes les énergies ne peut à terme qu’augmenter.

Il nous faut au contraire dès aujourd’hui nous préparer à « l’après pétrole » et sortir de notre dépendance aux combustibles fossiles. Afin de réaliser cette sortie « par le haut » et de la réussir, la connexion entre l’accès aux ressources fondamentales et l’obligation d’avoir un emploi(structurellement de plus en plus rare dans le système capitaliste bloqué dans sa croissance d’où l’explosion du chômage) doit être brisée.

Pour répondre à  ce défi, la décroissance politique propose des solutions crédibles, durables, équitables et souhaitables, justes socialement et soutenables écologiquement :

 

Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA) versée sous différentes formes  tout au long de la vie liée à un Revenu Maximal Autorisé (RMA) dont le montant devra être démocratiquement débattu ;

 

Révolution par les gratuités : gratuité des besoins de base et renchérissement, voire interdiction du mésusage ;

 

Mise en place de l’ «après- développement ». Sortir de l’industrialisme. Retour à une agriculture paysanne de qualité et maraîchage périurbain. Productions manufacturées et artisanale. Resserrement de l’urbain. Repeuplement et développement des campagnes ;

Relocalisation des productions et de la distribution (circuits courts)

 

Arrêt immédiat des nucléaires (civil et militaire)

 

Réduction du temps de travail (autonomie de la vie) et instauration d’une véritable démocratie participative.

Enfin réduction drastique de toutes les formes de publicité qui veut nous faire croire nuit et jour que « plus égal mieux » et qui nous entraîne dans un cycle de surconsommation au profit d’un capitalisme prédateur et mortifère.

Il est temps de construire une société conviviale, une société de partage des richesses, une société équitable, une société qui promeut l’entraide sur la compétition, la solidarité sur l’égoïsme et l’individualisme, une société qui établit une démocratie réelle et la justice sociale. Pendant qu’il en est encore temps, construire un avenir authentiquement humain et désirable face à l’enfer vers lequel nous entraîne la société capitaliste.

 

Ile de France Décroissance

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  Contact :   Christian  06 67 39 48 00     Jean-Luc   06 79 69 53 79        

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31 août 2012

Des politiciens à courte vue. A propos de la baisse du prix de l'essence

A propos de la baisse du prix de l'essence


Alors que le « peak oil » est passé depuis 2006, qu’il nous faut sortir des combustibles fossiles pour limiter l’effet de serre, développer le mix énergétique et surtout faire baisser notre consommation d’énergie, les socialistes et leurs alliés EELV courent après la croissance, cette arlésienne des politiciens d’aujourd’hui, et, leur popularité baissant avec le chômage qui croit, décideurs à courte vue, ils font assaut de démagogie car nous savons que l’écrasante majorité de nos concitoyens souhaitent une baisse du prix de l’essence.

 Ainsi, le gouvernement français décide, alors que le prix du Bret augmente en ce moment, que la production de pétrole et de gaz est quasiment bloquée dans le Golfe du Mexique et que les USA utilisent leurs réserves stratégiques pour soulager un peu la tension sur le prix de l’énergie, de baisser artificiellement le prix de l’essence de 0,06 euro. Cette baisse modeste est répartie entre les pétroliers et l’Etat français : Hollande ménage comme toujours les compagnies pétrolières qui font de gros bénéfices et qui décident des remaniements ministériels et cette décision va coûter de l’argent aux contribuables. Pour le consommateur moyen, c’est une économie de 72 euro par an environ, impact faible sur une année : mieux vaudrait agir à moyen terme, développer des transports en commun et resserrer l’urbain.

Mais cette baisse artificielle de toute façon ne saurait continuer : nous le savons, l’impératif aujourd’hui devrait être de préparer « l’après-pétrole » et de sortir des combustibles fossiles.

Pour sortir des fossiles, les connexions entre l’accès aux ressources fondamentales et l’obligation d’avoir accès à des emplois (structurellement de plus en plus rares dans le système capitaliste bloqué dans sa croissance : le chômage explose) doivent être cassées.

La décroissance politique propose des solutions durables, équitables et souhaitables.

Il s’agit de sortir du  capitalisme, du productivisme et  de faire de l’écologie véritable (et non pas de faire d’un parti écologique un outil pour des carriéristes).

Nos solutions sont à la fois justes socialement et soutenables écologiquement, en s’appuyant sur huit axes principaux :

1.      la Dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA)(revenu inconditionnel, gratuités, monnaies locales fondantes) et Revenu Maximum Acceptable (RMA) ;

2.      révolution par les gratuités (gratuité des besoins de base et surenchérissement du mésusage)

3.      après développement (sortir de l’industrialisme, agriculture paysanne, maraîchage périurbain,  production manufacturée, resserrement de l’urbain et développement des campagnes)

4.      relocalisation des productions et des consommations (circuits courts)

5.      arrêt immédiat des nucléaires (civil et militaire)

6.      réduction du temps de travail (autonomie généralisée de la vie)

7.      une démocratie véritable

 

 

                                  Christian Ghiotti  pour le     Collectif Francilien pour la Décroissance (groupe bientot rebaptisé "les objecteurs de croissance IdF")

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