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31 décembre 2014

Pic pétrolier, une piqure de rappel

petrole et monde

En ces temps de baisse des prix du pétrole, il est bon de rappeler quelques évidences sur le pic de production pétrolière dont l'avènement conditionne de fait les changements sociaux majeurs à venir.

Piqure de rappel donc à partir d'une recension des ressources les plus accessibles sur le net.

- Premier rappel : aucune loi simple ne relie le volume de pétrole produit et consommé au prix du baril. Voir la mise au point argumentée de Jancovici sur le site Manicore.

- A ce propos, l'évolution du prix du pétrole a pour effet d'affaiblir les nouveaux producteurs de pétrole de schiste (Etats-Unis) et de sables bitumineux (Canada). Par exemple l'extraction du pétrole de schiste n'est renatble qu'avec un prix du baril supérieur à 75 dollars. On peut légitimement se demander : à qui profite cette baisse rapide des cours ? Un article des Echos évoque la faillite en cours de certaines exploitations américaines. Sur ce sujet on peut voir également l'article de Libération. Conclusion : la baisse des prix que nous constatons aujourd'hui n'est pas durable. L'OPEP ne peut soutenir cette stratégie durablement et fera remonter les prix.

- L'évolution récente des prix qui est donc conjoncturelle ne remet pas en cause le pic pétrolier, puisqu'il n'existe pas de lien direct entre prix, consommation et production. Sur ce point lire la mise au point de Benoit Thévard. Celui ci rappelle notamment que nous sommes entrés dans une phase qui met fin au pétrole abondant et bon marché : la production de pétrole conventionnel ne croit plus depuis 2006 (un graphique ici) et on découvre trois fois moins de pétrole désormais que l'on en consomme. Le rendement énergétique des nouvelles techniques d'extraction (schistes, sables bitumineux) est très faible ( sur les sables bitumineux, sur le éptrole de schiste).

- On ne doit pas se représenter le "pic" pétrolier (traduction malheureuse de "peak oil") comme un pic brutal mais comme un sommet de production en forme de plateau ondulant. Voir les graphiques de B. Thévard.

Pour en savoir plus on peut se reporter à l'article de Richard Heinberg qui résume son livre Pétrole la fête est finie.

On peut également revenir sur l'histoire de la face cachée du pétrole à partir du documentaire suivant :

"La Face Cachée du Pétrole" (1/2) : Le partage du monde

 

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29 décembre 2014

Réenfricher la ville de Paris et la région ile de France

Un film très intéressant qui recense les initiatives d'agriculture urbaine à Paris et en région parisienne. Le film est réalisé par Eric Oriot. Il s'intitule Remuer la terre, c'est remuer les consciences (il a été tourné pendant les Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité du 30 juin au 2 juillet 2014). durée : 35 minutes.

 

 

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27 décembre 2014

Obsolescence programmée

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La consommation d’appareils électroniques - 75 millions de tonnes cette année - dont la durée de "vie" est réduite génère une masse de déchets la plupart du temps transférée en dehors de leur lieu de consommation (c'est-à-dire en Chine, en Inde, en Afrique). La moindre durabilité des téléviseurs et des frigidaires est bien connue, de même que celle des téléphones mobiles et celle des ordinateurs portables - entre deux et quatre ans - soumis à un turn over esthético-technique délirant. A notre passif : 7 kilos de déchets de cette nature par personne (en moyenne) dont les trois quarts en sont pas recyclés officiellement alors qu'ils contiennent des métaux précieux dont la ressource s'épuise rapidement et dont les effets environnementaux sont également bien connus. De nombreux êtres vivants seront à n'en pas douter protégés contre l'incendie par l'heureux transfert dans la nature des retardeurs de flamme recouvrant ces objets modernes.

Comme le rappelle Latouche, l’obsolescence technique, l’obsolescence symbolique et l’obsolescence programmée sont toutes trois planifiées afin de faire croître la consommation. Ce concept étant l'objet d'une récupération du monde économique et même de la publicité il est toujours bon de revenir aux fondamentaux.

On peut lire un aticle sur le Devoir du 22 décembre 2014 et un article de synthèse sur l'obsolescence prorammée.

Un entretien avec Serge Latouche (2013). On peut voir un site de Mines paristech dédié à la "controverse" sur l'obsolescence programmée.

 

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25 décembre 2014

Le père Noel est une ordure

pere noel

 

Le marché du jouet se porte bien et la France est un des leaders de ce secteur en pleine croissance (mais c'est moins de 10% des jouets qui sont produits dans le pays, ceux-ci proviennent à plus de 60% de Chine). Le père noel est vraiment une ordure. La tendance est à l'acculturation des plus jeunes enfants aux tablettes et autres objets electroniques dont l'obscolecence est programmée à courte durée. Le père noel est assurément une ordure. Le palmarès du grand prix du jouet 2014 a primé un oiseau électronique "digibird" presque aussi vrai que les vrais : "Comme de vrais oiseaux, ils bougent leur tête et leur bec, et ils chantent. Ils réagissent au souffle et aux sifflements. Lorsqu'ils sont ensemble, ils se comportent comme un orchestre et chantent en choeur..." Le père noel est la plus grosse des ordures. Pour le 25 décembre, un petit tour à l'Eglise de la Très Sainte Consommation s'impose.

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22 décembre 2014

Se libérer de la dépendance des labos pharmaceutiques - Formindep

formindep

Conformément à la thèse d'Ivan Illich, la croissance de l'industrie pharmaceutique produit un effet contraire au but qu'elle s'assigne  théoriquement. Le Formindep, en tant que lanceur d'alerte créé en 2004 rappelle cette évidence bien peu partagée : l'influence démesurée des laboratoire pharmaceutiques est devenue un nouveau risque sanitaire, responsable de surcouts évidents pour la société, ce que l'on savait bien (et qu'Illich mettait déjà en évidence dans son livre Némésis médicale en 1975. sur ce point voir notre billet ici), mais aussi d'une surmortalité croissante. Or cette industrie, malgré les gardes fous législatifs, met des moyens colossaux pour infleuncer la formation médicale qu'elle concerne les jeunes étudiants en médecine ou les médecins en exercice. Le travail de Formindep est donc salutaire qui met notamment en évidence les effets problématiques du surdiagnostic de certains cancers. On pourra lire régulièrement avec profit la rubrique "nouvelles du front" qui illustre particulièrement les pressions subies par les journalistes sur ces sujets économiquement sensibles.

Le site à visiter ici.

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20 décembre 2014

Les projets inutiles et imposés de l'Ile de France

Le triangle de Gonesse ayant déjà fait l'objet d'un billet sur ce blog, le projet de la tour triangle étant bien connu, de même que celui de l'extension du stade de tennis de Roland Garros sur les serres d'Auteuil, ou celui du Val de Seine Vert (ile Séguin et tours d'Issy) voici un petit focus sur les autres grands projets inutiles et imposés de la région, situés dans le 93. 

 

- Exploitation par placopatre de carrières de gypse à ciel ouvert sur l'aqueduc de la Dhuis et un ancien site radioactif du CEA, à Vaujours ert Courtry. Le site du fort de Vaujours a notamment été depuis les années 1950 un lieu d'expérimentation du système de détonation de la bombe atomique. des précisions ici. on peut également lire le rapport de la criirad à ce sujet. L'entreprise Placoplatre communique toujours à ce sujet comme on peut le voir ici. le projet doit être soumis à l'autorisation préfectorale fin 2015 comme le montre le calendrier publié par l'entreprise. L'entreprise communique évidemment sur le volet environnemental du projet : aujourd'hui une friche industrielle, demain une carrière, et puis ensuite un espace naturel. on peut suivre l'actualité du projet sur le site de Vaujours.

- Usine de retraitement des déchets de Romainville. Un article d'environnement 93.

- Dans la capitale les projets immobiliers prévus sur le réservoir d'eau de Grenelle dans le 15e suscitent également des oppositions. L'essentiel est dans cette vidéo : Sauvons le Réservoir de Grenelle

 

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19 décembre 2014

Le Monde explique la décroissance

L'explication est assez simpliste (voire même erronée sur certains points, notamment sur l'échelle de l'action des décroissants) mais elle signale la progression réelle de l'intérêt pour l'idée de décroissance. C'est une vidéo qui dure quelques minutes : Dessine-moi l'éco : la décroissance, une solution à la crise ? on peut lire également un article de novembre 2014 qui à partir de l'événement de Sivens revient sur les divers courants de la décroissance, c'est ici.

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18 décembre 2014

Un bilan de la consommation "responsable" au Québéc

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Existe-t-il une consommation responsable ?

En tout cas il existe un baromètre qui mesure l'adhésion des québécois au recyclage (80%), à la consommation locale (70%), à la déconsommation (70%), au transport partagé, etc. Bien souvent il ne s'agit que d'orienter les consommateurs vers des marques considérées comme respectueuses de certains critères. En matière de déconsommation on est donc loin du compte.

L'enquête montre néanmoins que la consommation locale est une tendance de fond au Québec. Un bon point : "Le scepticisme envers les acteurs du développement durable atteint en 2014 un niveau record. D’année en année, il s’est accru. Aujourd’hui, moins de 15,0 % des Québécois ont confiance en l’engagement en matière de développement durable des entreprises !"

Accéder à la totalité de l'enquête : ici.

Le résumé sur le réseau de la simplicité volontaire québécois : ici.

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17 décembre 2014

Un débat sur la décroissance organisé par le café du COTA à Bruxelles

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Dans le cadre de sa réflexion stratégique, le COTA souhaite favoriser le débat et croiser les regards sur les modèles de société que l’on nous propose. Pour cette première édition qui s’est tenue le 23 octobre 2014 au Cercle des Voyageurs (Bruxelles), le Café du COTA a interrogé la Décroissance comme projet politique alternatif au modèle dominant actuel. Ce sujet a été abordé sous les angles suivants : la décroissance et les institutions ; la décroissance et les acteurs sociaux ; la décroissance et les rapports « Nord-Sud ».

Les invités du débat : Michèle Gilkinet est une militante belge qui s’inscrit dans la mouvance des objecteurs de croissance. Femme politique, elle est élue à la Chambre des représentants (1999-2003) en tant que députée Ecolo de la circonscription électorale de Nivelles. Elle rejoint le parti VEGA en 2013, aux côtés de Vincent Decroly. Elle est co-fondatrice du GRAPPE, Groupe de réflexion et d’action pour une politique écologique. Elle est également fondatrice du Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC). Vincent Liegey est français, militant et objecteur de croissance lui aussi. Ingénieur de formation, il a travaillé dans la recherche, la diplomatie et les coopérations. Il rejoint le Parti Pour La Décroissance en 2008 et en devient l’un des porte-paroles. Il participe à la création du collectif parisien pour la Décroissance et à la réalisation d’un documentaire sur Nicholas Georgescu-Roegen. Fin 2008, avec Paul Ariès notamment, il lance l’appel Europe-Décroissance. Il habite aujourd’hui à Budapest où il effectue un doctorat à l’université d’économie et participe à la création d’un centre de recherche et d’expérimentation sur la décroissance et la transition. En 2013, il co-écrit le livre « Un projet de décroissance. Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » paru aux éditions Utopia.

Le débat peut être lu ici.

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16 décembre 2014

Agriculture urbaine 4 – Les cultures maraichères de Paris à travers un manuel de 1845

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« A la vue des chemins de fer qui s’établissent de toute part, à la vue des efforts de l’industrie pour obtenir de la chaleur au meilleur marché possible, il est facile de prévoir que la culture maraichère de Paris est à la veille de recevoir des modifications … ».

En 1845 dans une capitale transformée par l’industrie depuis quelques décennies et par l’avènement de l’ère ferroviaire, les auteurs (Daverne et Moreau) du Manuel pratique de la culture maraichère de Paris veulent témoigner de « la culture telle qu’elle se pratique à Paris en 1844 ».

 

manuel jardins paris 1845

 

On apprendra durant la lecture que depuis la révolution française les jardins changent de noms : ceux-ci ne portent plus le nom de « marais » dans lesquels les premiers "maraichers" s’étaient établis, mais de « jardins ». En 1844 ce sont 1400 hectares qui sont cultivés au sein de la nouvelle enceinte de Paris, celle de Thiers, c’est-à-dire sur un espace équivalent à celui des limites parisiennes actuelles. La plupart des parcelles (1800 au total) couvrent trois quart d’hectares. Chaque jardin emploie 5 ou 6 personnes membres de la famille, jeunes à gages ou hommes employés à la journée. Les auteurs du manuel évaluent à près de 10 000 personnes le nombre d’employés à la culture maraichère dans Paris en 1844. On compte également autant de chevaux que d’exploitation qui servent au transport des légumes, à celui du fumier et au tirage de l’eau du puits.

 

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La rue des maraichers à Ménilmontant

 

La culture parisienne est aisée comme l’expliquent les auteurs du manuel  : « On croit assez généralement que, si nous obtenons d’aussi beaux légumes c’est que nous employons beaucoup d’engrais , c’est une erreur. Quand notre terrain est devenu en état d’être cultivé en culture maraichère nous m’y mettons plus d’engrais promptement dit. La fertilité du terrain s’entretient d’abord par les paillis et les terreautages que nous renouvelons et enterrons au moins trois fois dans l’année, ensuite parce que nous changeons autant que nous pouvons nos carrés de melons de place chaque année et que l’eau avec laquelle nous arrosons nos couches traverse le fumier et en entraine les parties fertilisantes dans la terre… »

Malgré cette culture riche et facile, l'avenir des maraichers parisiens est sombre seon ces deux auteurs du Manuel de 1845 : à chaque recul de l’enceinte parisienne les jardiniers doivent reculer aussi et abandonner des terres améliorées de longue date. D’après les chiffres donnés par Jean Michel Roy, en 1859, il n’y a plus aucun maraicher dans les 12 arrondissements centraux de la ville, la moitié étant déjà partis en banlieue (voir les deux précédents articles sur la plaine des vertus et sur l'agriculture de banlieue). Cette proportion des maraichers banlieusards est portée à 2/3 en 1873 puis 90% en 1912. Dans les années 1950 seuls deux maraîchers subsistent dans Paris.

 

charrette coux paris

 

Le lien vers le Manuel de 1845.

 

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