Nous avons été interpelé par l’opposition du parquet national antiterroriste français à la demande de « sortie sous escorte » de Jacques Esnal, 69 ans incarcéré depuis 29 ans et dix mois pour avoir participé à des attentats et des assassinats en Espagne avec l’ETA.

Etonnement que l’on puisse rester si longtemps en prison pour de tels faits quand on sait que Jean-Antoine Tramoni, vigile chez Renault avec les mêmes positions politiques que Franco n’a écopé que de 4 ans de prison pour le meurtre de Pierre Overnay en 1972.
Le pire n’est pas là, mais dans la complicité de l’Etat français avec un Etat espagnol néo-franquiste qui s’acharne contre des gens ayant finalement commis peu de crimes comparé à ceux perpétués par les franquistes.

Rappelons qu’ils ont fait un coup d’Etat en 1936 et renversé une République démocratique, qu’ils sont à l’origine de 900 000 morts, à comparer aux 829 morts dont 486 étaient membres de l'armée ou de la police et 343 des civils à mettre sur le compte de l’activisme de l’ETA, ce dernier n’ayant jamais fait de coup d’Etat et se battant juste pour l’indépendance du pays basque contre un régime néo-franquiste.

Et oui, l’Espagne est bien un régime néo-franquiste, car après le décés du dictateur fasciste en 1975, ce n’est pas au retour à la République auquel nous avons pu assister mais au contraire à la mise en place d’une monarchie parlementaire associée à une loi d’amnistie pour les crimes commis par les terroristes franquistes. On le voit bien là encore deux poids, deux mesures : amnistie pour les plus gros criminels, prison et acharnement contre des combattants basques.

Aujourd’hui, l’Espagne est encore parsemée de fosses communes contenant des victimes du coup d’Etat de Franco, et les familles ont encore du mal à savoir où leurs proches ont pu être jetés.
Il a été extrèmement difficile de trainer devant les tribunaux les anciens tortionnaires franquistes. Maria Arcenegui Siemens porte-parole de l'Association pour la récupération de la mémoire historique qui lutte pour la reconnaissance des victimes du franquisme, a réussi à ouvrir une brèche dans le principe d'impunité qui s'est imposé, en la matière, en Espagne. Encore a-t’il fallu l’obstination d’une juge Argentine, Maria Servini de Cubria.

Dans un arrêt rendu public en 2018, cette juge de Buenos Aires a lancé 20 mandats d'arrêt visant six anciens ministres de Franco, un ex-ministre de la transition, huit policiers, trois magistrats, un médecin et un ancien secrétaire d’État. Mais pour l’instant rien ne se passe….

Une fois encore l’Etat français s’acharne contre des combattants de la liberté, certes on peut critiquer les méthodes mais il n’est pas normal que Jacques Esnal soit encore en prison au bout de 30 ans, à l’instar de l’acharnement contre Jean-Marc Rouillan qui restera finalement plus de 26 ans en prison pour l’assassinat dun ex-patron de Renault.

Il faut que cessent ces méthodes néo-franquistes et ce soutien à un Etat espagnol illégitime. Liberté pour Jacques Esnal !

 

JLuc Pasquinet