Les pièges tendus par les nucléocrates aux écologistes et à l’ensemble de la population

Les nucléocrates* ont toujours utilisé des arguments fallacieux pour justifier leurs décisions de construire des armes atomiques et tout ce qui va avec, mines et usines de traitement et d’enrichissement d’uranium, réacteurs nucléaires, usines d’extraction des matières fissiles issues des réacteurs et destinées à la fabrication des bombes, stockages de déchets nucléaires, etc.

Ils ont utilisé la violence, le mensonge, la corruption et les peurs du moment, avec des concepts adaptés à ces peurs, pour obtenir le silence ou même le consentement de la population sur des projets qui n’avaient aucune légitimité démocratique, aucune justification économique ou stratégique et des conséquences désastreuses pour l’humanité.

On peut citer le concept d’atome pour la paix utilisé pour faire accepter une nouvelle étape dans la nucléarisation du monde après Hiroshima et Nagasaki. On peut aussi citer les concepts d’indépendance stratégique et énergétique qu’apporteraient d’une part l’arme atomique et d’autre part les centrales nucléaires.

On peut enfin citer la fiction de l’énergie nucléaire abondante, propre, sûre et bon marché.
Ces concepts et ces fictions ont fait long feu et il est de plus en plus évident que l’industrie nucléaire n’a apporté aucune solution aux problèmes qu’elle prétendait régler mais au contraire est un problème majeur qui peut conduire à la destruction de l’humanité.

Mais les nucléocrates n’ont pas renoncé au mensonge pour assurer leur pouvoir. Leur dernière tromperie est celle du nucléaire « énergie décarbonée » qui permettrait de « sauver le climat ».
C’est avec ce type d’argument que le ministre Hulot a justifié en 2018 le report de dix ans de l’échéance, fixée dans la loi « de transition énergétique pour la croissance verte », à laquelle la part du nucléaire dans la production d’électricité devait être réduite à 50%. Et comme il lui était impossible d’assumer ce mensonge, dicté par les chefs nucléocrates Macron et Philippe, il a fini par démissionner en qualifiant le nucléaire de « folie inutile, économiquement, techniquement, dans laquelle on s'entête ».

Tout était dit et cependant une partie du mouvement écologiste, notamment des ONG avec salariés qui veulent être les interlocuteurs des pouvoirs publics, n’a toujours pas compris la leçon.
C’est ainsi que dans les « marches pour le climat », organisées pour partie par ces ONG écologistes, la revendication d’arrêt immédiat du nucléaire est absente. Faudrait-il, pour « sauver le climat », continuer à empoisonner l’humanité et prendre le risque de la faire disparaître ? C’est ce que pourrait laisser entendre l’absence de revendication claire des ONG écologistes sans doute contaminées par les mensonges des nucléocrates. Une décontamination sévère est indispensable pour s’extraire de leurs pièges.

Les faits et les méfaits, pour ne pas dire les crimes, de l’industrie atomique

Les effets néfastes de la radioactivité sur les organismes vivants sont connus de longue date. La découverte de la fission atomique et ses applications à la construction des bombes atomiques et de réacteurs nucléaires ont conduit à la production industrielle de « produits de fission » et de déchets radioactifs dont les dangers persisteront pendant des millions d’années. Plus le nombre d’installations atomiques et leur durée d’utilisation augmente, plus la probabilité que des êtres humains soient contaminés augmente, soit directement par les rejets chroniques et les rejets accidentels de l’industrie nucléaire, soit par contact avec des produits ou milieux contaminés. Et la descendance des personnes contaminées pourra être affectée à son tour même si elle n’est pas directement exposée.

L’espèce humaine n’est pas adaptée à la radioactivité artificielle et la plupart des organismes vivants non plus. Toute dose reçue, même la plus faible, est néfaste pour la santé surtout si l’exposition est chronique.
Pour cacher cela, et pour couvrir ses méfaits, l’industrie atomique et les Etats qui la soutiennent ont fait en sorte de s’adjoindre les services de l’ONU et de ses structures chargées de santé publique (Organisation Mondiale de la Santé), de prolifération nucléaire (Agence Internationale pour l’Energie Atomique), de simulation du climat futur (Groupe Intergouvernemental d’Experts pour le Climat). Et c’est ainsi que l’OMS alliée à l’AIEA a toujours nié l’ampleur des dégâts causés à la nature par l’industrie nucléaire au cours de plusieurs décennies d’essais atomiques, de rejets radioactifs chroniques dans l’environnement et de plusieurs catastrophes majeures.

Ces dommages ont pourtant fait l’objet d’observations et d’études scientifiques, depuis de nombreuses années, par des experts indépendants de l’industrie et des Etats nucléaristes. Les résultats se chiffrent en dizaines de millions de morts prématurées et en centaine de millions de maladies graves (cancers, maladies cardio-vasculaires, etc.). Les conséquences de ces dommages sur le génome humain sont à très long terme.

Trop peu d’Etats « fauteurs de trouble » ont à ce jour décidé d’arrêter ces machines infernales potentiellement destructrices de l’humanité toute entière. Les dirigeants français, qui se gaussent d’être des leaders de la lutte contre le changement climatique, sont avant tout des leaders de la destruction atomique. Et ils peuvent en toute impunité s’appuyer sur les travaux du GIEC pour lequel l’énergie nucléaire fait partie des solutions pour limiter le réchauffement climatique.

L’enjeu énergétique et climatique lié à l’énergie nucléaire

Malgré les efforts considérables des nucléaristes, pour imposer cette énergie, le parc mondial de réacteurs nucléaires ne fournissait en 2016 que 10% de la totalité de l’électricité produite (26,5% le sont à partir d’énergies renouvelables et le reste à partir d’énergies fossiles). Cette proportion est en constante diminution

depuis plusieurs années. Et il est très peu probable qu’elle augmente du fait de l’absence de compétitivité de cette filière par rapport aux autres techniques de production d’électricité notamment à partir d’énergies renouvelables. Les réacteurs nucléaires n’existent que parce que l’industrie nucléaire est très largement subventionnée ou directement aux mains des Etats.

L’électricité ne constituant qu’environ 20% de toute l’énergie consommée, au niveau mondial, l’énergie nucléaire ne contribuait en 2016 qu’à hauteur de 2% à la satisfaction des consommations énergétiques mondiales.
C’est dérisoire après une soixantaine d’années de développement soutenus par les Etats nucléaristes de la planète. Et c’est une réalité qui remet en cause radicalement l’idée très française selon laquelle on ne pourrait pas se passer du nucléaire.
S’il y a bien une urgence climatique ce n’est sûrement pas cette industrie aux capacités dérisoires qui pourra contribuer de manière significative, et à court terme, à la réduction des consommations d’énergies fossiles.

La possibilité d’arrêt immédiat de la production d’électricité nucléaire

L'arrêt immédiat de la production d'électricité nucléaire à l'échelon mondial n'aurait quasiment aucun impact sur la satisfaction des besoins en énergie, sur le coût de l'énergie et sur le niveau global d'émissions de gaz à effet de serre.
Il permettrait par contre de réduire de manière drastique les risques de prolifération nucléaire, les risques d'accident grave, les rejets de radioactivité dans l'environnement, la production de déchets nucléaires ingérables et les coûts pour les générations futures.
Il permettrait également de réduire très significativement les dépenses consenties par les Etats pour maintenir artificiellement en vie une industrie nucléaire archi déficitaire, de dégager la voie pour les énergies renouvelables et d’engager sérieusement la réduction des consommations d’énergies fossiles.
Il nécessiterait évidemment de brûler un tout petit peu plus d’énergies fossiles, de manière transitoire, sans accroissement notable des émissions de gaz à effet de serre (de l’ordre de 2% si aucune autre action n’est déployée dans le même temps).
Et ce qui est possible au niveau mondial l’est également en France en utilisant tous les moyens techniques et mécanismes économiques existants dont les interconnexions avec nos voisins européens.

Les risques d’une « sortie progressive » du nucléaire

A l’inverse, miser sur le développement des énergies renouvelables pour arrêter le nucléaire, en espérant réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est parier sur la catastrophe (au rythme actuel de développement des énergies renouvelables «intermittentes» en France et compte-tenu de l’âge et de l’état du parc nucléaire) et «prier» pour qu’elle n’arrive pas. C’est aussi accepter de poursuivre la production de déchets nucléaires et de rejets chroniques de radioactivité dans l’environnement en France et dans tous les pays impliqués dans notre approvisionnement en uranium ou proches de nos frontières. C’est

enfin continuer à creuser les déficits publics liés à une industrie nucléaire en perdition. C’est irresponsable et on ne peut pas prétendre être écologiste si l’on soutient une telle approche.
Et que dire de la position de ceux qui comptent sur une prochaine catastrophe pour « réveiller les consciences » et permettre enfin la mise à l’arrêt définitive du parc nucléaire français ? Non seulement c’est complètement irresponsable, au regard des conséquences sanitaires et humaines, mais c’est aussi méconnaître le peu de cas qu’en ont fait jusqu’à présent les Etats nucléaristes qui continuent à soutenir cette énergie de destruction massive.

Pour le mouvement écologiste français il est donc grand temps de reconsidérer les enjeux, en sortant du raisonnement étroit imposé par les nucléaristes, de hiérarchiser les problèmes et de revendiquer l’arrêt immédiat du nucléaire.

Le coup fumeux de l’énergie décarbonée

Un exemple typique de raisonnement étroit est le recours des nucléaristes au concept d’énergie décarbonée pour justifier le nucléaire comme faisant partie des solutions pour limiter le réchauffement climatique.
C’est le même type de raisonnement que celui de l’industrie agrochimique qui prétend protéger les plantes, et nos ressources alimentaires, en tuant des milliards d’insectes, de polinisateurs, d’oiseaux, etc., par la diffusion massive d’insecticides, herbicides et fongicides. Le résultat en est la contamination de toute la chaîne alimentaire et la baisse durable de production de nourriture saine. Et pour masquer cela l’industrie agrochimique finance de très nombreuses recherches pour faire porter le chapeau aux maladies diverses et variées, ainsi qu’au réchauffement du climat, dont seraient victimes les insectes, les petits mammifères et les oiseaux.

De même, pour les nucléaristes, il s’agit de réduire les problèmes environnementaux à la question climatique, puis de réduire celle-ci à la question des émissions de gaz à effet de serre et au bout du compte à celle du CO2.

Ils peuvent pour cela s’appuyer sur les travaux du GIEC dont les publications récurrentes ramènent sans arrêt le débat public à la question du climat futur, simulé à partir de scénarios d’occupation des sols et d’émissions de gaz à effet de serre. Pour le secteur de la production d’électricité, ces émissions sont calculées à partir d’un indicateur exprimé en g de CO2 équivalent émis par kWh.

Comme la réaction de fission atomique n’est pas une réaction de combustion, elle n’émet pas en tant que telle des gaz à effet de serre, ce qui permet aux nucléaristes de présenter l’énergie nucléaire comme une solution pour lutter contre le réchauffement du climat...futur.

C’est évidemment un raisonnement biaisé mais assurément trop grossier pour des observateurs attentifs. Car il y a bien des émissions de gaz à effet de serre pour faire fonctionner les réacteurs nucléaires, en amont pour les alimenter en matières fissiles (mines, traitement et enrichissement de l’uranium, fabrication et transport des éléments improprement qualifiés de « combustibles »), lors de l’ensemble des processus d’exploitation et de maintenance des réacteurs (approvisionnement des réacteurs, déplacements du personnel d’exploitation et

maintenance, climatisation des bâtiments, etc.) puis pour tout ce qui se passe en aval des réacteurs (gestion, transports et traitement des déchets) et lors des phases de démantèlement. C’est pourquoi le GIEC et les nucléaristes utilisent un indicateur d’émission de gaz à effet de serre déterminé, par des spécialistes des « analyses de cycle de vie », à partir de données ou d’hypothèses invérifiables par le commun des mortels et sans qu’on en connaisse précisément les limites dans l’espace et dans le temps.

Une revue des publications scientifiques à ce sujet met en évidence des
« émissions spécifiques », calculées pour le nucléaire, allant de 1,4 à 288. C’est dire si l’on peut faire confiance à ce genre de calcul et d’indicateur ! Néanmoins, certains avancent une valeur médiane de 60 g/kWh pour caractériser les émissions équivalentes de CO
2 des centrales nucléaires. Et une valeur moyenne

de 12 g/kWh est utilisée pour les bilans d’émissions réalisés pour les travaux du GIEC.
Ce qui est sûr c’est que, en l’état actuel de la technique, les centrales nucléaires ne peuvent pas fonctionner sans énergies fossiles, pour les équipements industriels à l’amont et à l’aval des réacteurs, pour l’alimentation de secours de ceux-ci en cas de défaillance et pour compléter leur production notamment lors des pointes de consommation ou lors des pannes.

Ce qui est sûr également c’est que les émissions de gaz à effet de serre dues à la production d’électricité nucléaire ne sont pas nulles.
Mais surtout, et c’est là l’essentiel, cela n’a aucun sens de ne s’intéresser qu’aux émissions de gaz à effet de serre pour caractériser les impacts environnementaux négatifs de l’industrie nucléaire.

Pour les nucléaristes le choix de cet indicateur unique (comme leur pensée !) permet d’occulter tous les autres dégâts environnementaux et sanitaires dont ils devraient répondre (pollutions radioactives et chimiques de l’air, de l’eau et des sols).

L’écran de fumée (décarbonée ?) sur le réchauffement du climat par le nucléaire

Accessoirement, le concept d’énergie décarbonée, permet aussi de créer un écran de fumée sur le fait qu’au moins deux tiers de la chaleur issue des réacteurs nucléaires est rejetée dans l’environnement, soit directement sous forme de chaleur qui échauffe les cours d’eau et les mers, soit sous forme de gaz à effet de serre (vapeur d’eau), sans parler de la chaleur rejetée dans la nature par les déchets nucléaires qu’il faut refroidir pendant de longues années. Pour illustrer ce que représente cette pollution thermique de l’environnement par les réacteurs nucléaires français on peut estimer qu’elle correspondait en 2017 à près de 3,5 fois la consommation d’énergie pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire de la totalité du parc de logements français.

La production d’électricité nucléaire contribue donc bien à réchauffer le climat, localement et globalement. Le nucléaire « énergie décarbonée » est un mensonge des nucléaristes français qui n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Et leur hypocrisie est sans bornes lorsqu’ils prétendent « sauver le climat » alors qu’ils font tout pour obtenir les dérogations nécessaires à

l’abattage d’une forêt protégée au Kazakhstan afin de leur permettre d’exploiter plus facilement l’uranium contenu dans son sous-sol.

Le coup vaseux de l’indépendance énergétique

Au mépris de la réalité les zélateurs de l’énergie nucléaire la présentent comme propre et apte à relever le défi de la préservation du climat. Cela leur permet de la mettre dans la même catégorie que les énergies renouvelables. C’est ainsi qu’ils « verdissent » une énergie de destruction massive, se font désormais les chantres d’un système énergétique qui serait alimenté exclusivement par le nucléaire et les renouvelables, nous promettent une totale indépendance énergétique de la France.

Ainsi, le mensonge de l’énergie décarbonée s’ajoute à une autre escroquerie intellectuelle plus ancienne basée sur le concept « d’indépendance énergétique ». Ce dernier a été utilisé à l’origine par l’Etat français pour faire accepter les dangers et les dommages inacceptables de la production d’électricité nucléaire. Il est du même acabit que le concept « d’indépendance stratégique » que nous procurerait l’arme atomique (le prix de cette prétendue indépendance c’est la possibilité de destruction totale de l’humanité et donc de l’autodestruction).
A la base de ce concept il y a le calcul d’un indicateur, le taux d’indépendance énergétique. En France, selon l’INSEE, celui-ci est le rapport entre la production nationale d'énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydraulique, énergies renouvelables) et la consommation en énergie primaire, une année donnée. Ce taux peut se calculer pour chacun des grands types d'énergies ou globalement toutes énergies confondues. Un taux supérieur à 100% traduit un excédent de la production nationale par rapport à la consommation avec une accumulation de stock ou un solde exportateur. Selon cette définition et les publications officielles le taux d’indépendance énergétique de la France était de 53,5% en 2016. La France, c’est une évidence, n’assure pas son indépendance énergétique avec son parc nucléaire pourtant démesuré. Mais surtout, la valeur élevée de l’indicateur résulte d’un double tour de passe- passe qui consiste à considérer pour l’énergie nucléaire :

  • ⁃  que les « combustibles nucléaires » élaborés en France sont une production d’énergie locale alors que l’uranium utilisé pour les fabriquer est entièrement importé,

  • ⁃  que la chaleur dégagée par la fission atomique est à la fois une production et une consommation d’énergie primaire alors qu’en réalité 2/3 de cette chaleur est irrémédiablement perdue.

    Avec ce type de raisonnement, du pétrole brut importé puis raffiné en France serait une production d’énergie nationale et des pertes de chaleur irrécupérables contribueraient à l’indépendance énergétique de la France ! C’est absurde.
    En réalité, les seules énergies contribuant à l’indépendance énergétique de la France sont les énergies renouvelables et le peu de pétrole et de gaz de mines extraits du sous-sol. On est bien loin du taux d’indépendance énergétique annoncé par l’INSEE. Et la France reste complètement dépendante des énergies fossiles malgré la très forte proportion d’électricité nucléaire.
    Pour illustrer ce fait il suffit de comparer la consommation d’énergies fossiles de

la France avec celle de l’Italie, qui n’a plus de réacteur nucléaire en fonctionnement et dont le nombre d’habitants est très proche (en 2016, 60,6 millions en Italie pour 67 millions en France). En 2016 l’Italie a consommé 120,6 Mtep sous forme de charbon, de pétrole et de gaz. La même année la France en a consommé 116,1 Mtep.
L’Italie, de son côté, augmente régulièrement la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité (moins de 16% en 1990, 39% en 2016). En 2016 la France arrivait à peine à 18%. Son taux d’indépendance énergétique est de cet ordre pour l’électricité et de l’ordre de 10% pour l’ensemble des énergies consommées.
Avec le nucléaire l’indépendance énergétique est impossible sauf à considérer que le Kazakhstan, le Niger, le Canada,...sont la France ou que de nouvelles ou anciennes mines d’uranium peuvent être exploitées sur le sol français !
Nous sommes donc dans une totale dépendance à un appareil d’Etat, à une technologie dont une partie est importée, à un petit nombre d’individus qui la font fonctionner et envers quelques pays qui nous fournissent l’uranium. Et nous sommes complètement dépendants des énergies fossiles importées en quasi- totalité.

L’extrême dangerosité du système énergétique actuel et futur envisagé par les nucléaristes français

Le recours massif à l’énergie nucléaire, pour la production d’électricité, n’a fait qu’ajouter une consommation supplémentaire d’énergies carbonées à celles déjà utilisées pour les autres usages. Avec le mythe d’une énergie nucléaire quasi illimitée la France s’est enfermée dans une triple dépendance énergétique :

  • ⁃  aux importations de matières fissiles pour le nucléaire,

  • ⁃  aux importations d’énergies fossiles,

  • ⁃  aux importations d’électricité pendant les périodes de pointe en hiver dues

    au chauffage électrique poussé par les nucléaristes.
    A cette dépendance extrême s’ajoutent :
    - le danger extrême constitué par l’ensemble des matières radioactives détenues par l’industrie nucléaire, militaire et civile, ainsi que le risque de prolifération qui va avec,
    - la faible résilience aux aléas techniques, climatiques, économiques, sociaux, politiques, d’un système de production d’électricité nucléaire hyper concentré,
    - la déresponsabilisation complète d’une classe politique nationale asservie aux mythes et mensonges propagés par les nucléaristes et d’élus locaux corrompus par l’argent du nucléaire lorsqu’ils sont proches de ses installations.

    A la dépendance énergétique et aux dangers spécifiques de l’énergie nucléaire s’ajoutent les dommages collatéraux de son utilisation massive pour la production d’électricité en France :

  • ⁃  diésélisation massive du parc automobile, avec les conséquences sur la santé que l’on connaît,

  • ⁃  développement important du chauffage électrique, vecteur majeur de précarité énergétique, complété par du chauffage au bois individuel de

mauvaise qualité et fortement émetteur de particules fines, de monoxyde

carbone et de COV nocifs pour la santé,
désindustrialisation et importation massive de produits manufacturés,

avec les conséquences sociales et environnementales que l’on connaît

également.
Ces trois types de dommages sont caractéristiques d’une approche qui consiste à prétendre régler un problème alors qu’elle ne le fait pas et en ajoute d’autres.

La diésélisation du parc automobile, par la moindre taxation du gazole carburant, avait pour objectif initial de préserver l’industrie française du raffinage malmenée par le programme nucléaire et l’électrification du chauffage au détriment du fioul domestique. Dans un deuxième temps elle a été justifiée par les moindres émissions de CO2, au km parcouru, par rapport à la motorisation essence. Et

dans un troisième temps, après avoir fait mine de découvrir ses méfaits sur la santé, on la décrie et on taxe ceux qui ont eu le tort de croire aux mensonges de l’Etat nucléariste.

Le développement important du chauffage électrique en France, à partir des années 1970, est le résultat d’une politique délibérée de l’Etat et d’EDF à l’époque où celle-ci était encore une entreprise publique. Il s’agissait alors de développer massivement les ventes d’électricité, synonymes de recettes à court terme, pour financer le programme de construction des réacteurs nucléaires. Le « chauffage électrique intégré », imaginé par EDF, était un système de chauffage par convecteurs électriques à faible coût d’investissement et facile à mettre en œuvre, plébiscité pendant trois décennies par les promoteurs immobiliers. Cette politique a eu plusieurs conséquences désastreuses :

  • ⁃  le développement de la précarité énergétique et l’insuffisance de chauffage des logements des plus pauvres,

  • ⁃  l’augmentation des pics d’appels de puissance en hiver sur le réseau électrique et la nécessité d’y faire face avec des moyens de production anciens et peu performants utilisant les énergies fossiles (charbon, gaz, fioul),

  • ⁃  l’augmentation de la pollution de l’air par les équipements de chauffage au bois individuels et de mauvaise qualité.

    Le coût élevé de fonctionnement du chauffage électrique a conduit les plus pauvres à la précarité énergétique et à des conditions de vie dégradées dans des logements insuffisamment chauffés en hiver. Les utilisateurs qui en avaient la possibilité technique et financière, propriétaires ou locataires de maisons individuelles, se sont équipés d’appareils individuels de chauffage au bois à faible coût et souvent de mauvaise qualité (cheminées ou inserts). Cela a conduit à des pics de pollution de l’air en périodes d’hiver s’ajoutant à ceux des automobiles majoritairement équipées de moteurs diesel. Ces pollutions se sont ajoutées à celles des vieilles centrales électriques à combustibles fossiles nécessaires à satisfaire les appels de puissance en pointe créées par le chauffage électrique. La France, avec son programme nucléaire et le chauffage électrique, a créé une machine infernale de pollution de l’air et de précarisation

des individus et de l’économie toute entière.

Dans un autre registre, la désindustrialisation de la France, pour ce qui concerne un ensemble de produits manufacturés de consommation courante, peut être considérée en partie comme une conséquence du développement de l’industrie nucléaire. En effet, celle-ci a capté pendant au moins trois décennies l’essentiel des capitaux et des compétences disponibles au détriment des autres industries. Le résultat est l’importation massive de produits manufacturés, dans un cadre de normes sociales et environnementales dégradées, permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre en France mais conduisant à une augmentation hors de France des émissions dues à la fabrication des produits importés. Ainsi, entre 1995 (année à laquelle le programme nucléaire français était pratiquement achevé) et 2016, les émissions globales des principaux gaz à effet de serre («empreinte carbone ») de la France ont augmenté de 10,25 à 10,35 MteqCO2/personne. La nucléarisation de la France, pour sa production

d’électricité, n’a donc pas conduit à une diminution de son « empreinte carbone ».

Et comme si tout cela ne suffisait pas, le projet affiché par le gouvernement actuel, avec la « stratégie nationale bas carbone », est un système énergétique entièrement basé en 2050 sur le nucléaire, les renouvelables, le pilotage de la consommation en fonction des contraintes de la production (compteurs Linky) et le stockage d’électricité. Cette stratégie consisterait à satisfaire toutes les consommations d’énergie uniquement par de l’électricité et de la chaleur produite par des renouvelables. Elle nécessiterait de remplacer à marche forcée les voitures à moteurs thermiques par des véhicules électriques et les chauffages au fioul et au gaz par des pompes à chaleur ou du chauffage électrique par résistances.
Au vu de l’état actuel du parc nucléaire existant, de l’industrie nucléaire et des finances publiques, il est très peu probable que cette stratégie aboutisse. Mais il est certain que sa mise en œuvre, même partielle, aurait des conséquences sociales, sanitaires, environnementales et économiques, très dommageables pour la majorité de la population. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer ce qu’il s’est passé au cours des 50 dernières années.

Pour l’heure, la promesse habituelle, « demain on rase gratis » (et demain c’est toujours plus tard), donne l’illusion que l’Etat agit pour réduire les émissions de gaz à effet de serre !
En attendant, « l’urgence climatique » du gouvernement c’est de restructurer EDF pour éviter son naufrage, de faire face aux grèves des agents EDF et précaires du nucléaire, de contenir les mouvements sociaux de type « gilets jaunes » et de défense des régimes spéciaux de retraite (dont ceux des agents EDF).

Dans ces conditions, les marches pour le climat sans revendication d’arrêt immédiat du nucléaire, alimentent objectivement le grand cirque médiatique orchestré par le pouvoir sur le thème de la lutte contre le changement climatique.

Si les marcheurs savaient ça, je pense qu’ils marcheraient pour l’arrêt du nucléaire, définitif et sans attendre. Si les grandes organisations écologistes le sont encore je pense qu’elles devraient diffuser ces informations.

François Vallet – Septembre 2019 – Version 2

* Les nucléocrates, sont les dirigeants politiques, fonctionnaires d’état, militaires, industriels, scientifiques et ingénieurs, banquiers, ...qui tiennent ou pensent tenir leur pouvoir de l’arme atomique et de l’industrie qu’elle nécessite. La plupart du temps ils sont aussi nucléaristes c’est-à-dire fervents promoteurs de l’industrie nucléaire militaro- civile.

Les écologistes, contrairement aux nucléocrates, ne détiennent pas de pouvoir du fait d’une arme ou industrie quelconque sur laquelle ils auraient la main (sauf s’ils sont ministres ce qui ne dure jamais longtemps). Les écologistes sont les promoteurs de l’écologie qui est la science des interactions entre les espèces vivantes et leurs milieux de vie. Ils ont le pouvoir d’alerter et d’informer sur ce qu’ils savent des menaces sur la vie.

Références bibliographiques :

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. Recommandations 2003 du Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation – 2004 – CERI – Editions Frison Roche
https://www.editions-frison-roche.com/produit/175/9782876714496/ceri-2003
. Jean Rostand : Un biologiste contre le nucléaire – 2012 – Textes choisis et commentés par Alain Dubois – Editions Berg International http://www.berg-international.fr/liste_ouvrage.php?recordID=532&cate=5
. La comédie atomique : l'histoire occultée des radiations - 2016 - Yves LENOIR - Editions La Découverte
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index- La_com__die_atomique-9782707188441.html

. Petit mémento énergétique – Fiche n°5, la dépendance énergétique – 2003 – Global Chance
http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GCnHS1p14-15.pdf
. Valuing the greenhouse gas emissions from nuclear power: a critical survey – 2008 – Benjamin Sovacool – University of Sussex http://sro.sussex.ac.uk/id/eprint/58137/

. High-priced and dangerous: nuclear power is not an option for the climate- friendly energy mix - DIW Weekly Report, bulletin from the German Institute for Economic Research – N°30 - 2019 https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.670578.de/ dwr-19-30.pdf

. WNISR2019 Assesses Climate Change and the Nuclear Power Option

https://www.worldnuclearreport.org/WNISR2019-Assesses-Climate-Change-and- the-Nuclear-Power-Option.html

. Le nucléaire n’est pas bon pour le climat, il est bon pour la retraite – 2016 – Ritimo https://www.ritimo.org/Le-nucleaire-n-est-pas-bon-pour-le-climat-il-est-bon-pour- la-retraite

. Le tout diesel : un dommage collatéral du nucléaire – 2019 – L’Argus

https://pro.largus.fr/actualites/le-tout-diesel-un-dommage-collateral-du- nucleaire-9776390.html

. Le nucléaire : peut-on et doit-on s’en passer ? – 2009 - Marie-Christine Gamberini

https://local.attac.org/finistere/IMG/pdf/gamberini-sepasserdunucleaire- toulouse-29-1-09.pdf
. Négationnisme nucléaire et climat, concurrence des catastrophismes – 2019 – Annie et Pierre Péguin
http://collectif-adn.fr/entree.html
. De la découverte de l’atome à la découverte de l’ADN – 2019 – François Vallet http://collectif-adn.fr/entree.html
. L’arrêt du nucléaire est techniquement possible à l’échelle européenne – 2019 – Elisabeth Brenière et François Vallet
http://collectif-adn.fr/entree.html
. Ordres de grandeur pour les différentes sources de production d’électricité – 2019 – François Vallet - http://collectif-adn.fr/entree.html