Je partage le gâteau avec un ami. Je ne lui vends pas un morceau du gâteau, je le lui donne. Mon ami n’achète pas ce morceau de gâteau, il le reçoit. Partager, c’est donner et recevoir.

Je suis propriétaire d’une voiture, je l’ai achetée chère et j’aimerais amortir son prix car j’ai quatre places de disponibles et je peux proposer à un « client » de l’utiliser moyennant finance. Je ne partage pas ma voiture, je la lui loue. Je fais un trajet avec mon « client », ainsi je peux partager les frais de route avec lui ; je ne donne rien, il ne reçoit rien ; nous mettons en commun des ressources matérielles et financières, ma voiture, son argent pour réaliser une transaction.

Je peux partager un gâteau, je peux partager des frais. Dans le premier cas je donne et il reçoit, dans le deuxième cas je ne donne rien et il ne reçoit rien mais mon « client » me donne de l’argent que le système économique lui a donné en échange d’un travail.

Qu’est-ce que l’économie du partage ? Juste une tromperie car partage il n’y a pas. Partager permet de donner et recevoir ; l’économie du partage permet d’acheter et de vendre l’usage d’un bien détenu par l’un des acteurs de la transaction ou par un organisme extérieur. Le terme « économie du partage » permet de donner une consonance vertueuse à une banale opération marchande. Ce terme constitue un oxymore, outil magique pour faire avaler des contres vérités au quidam.

Pourquoi cette réflexion ? Dénoncer la propagande en faveur d’internet grand moteur de l’économie de la démesure, grâce à l’usage de termes trompeurs pour les consommateurs qui, peut-être, réclameraient plus de mesure dans leur activité de consommateurs.

Christian Mange

Décroissance idf