Pierre Péguin, mars 2017.

La contamination de l'air en Europe occidentale par l'iode 131, connu pour sa dangereuse radioactivité a été mal mesurée, cachée à la population et enfin révélée par les mesures de la CRIIRAD. L'inquiétude est plus que légitime mais les organismes officiels cherchent des causes ponctuelles pour en minorer l'importance.

On a mis en cause un réacteur norvégien (il y a bien eu, le 24 octobre 2016 un incident significatif à Halden au sud-est d'Oslo, lors de manipulation du combustible usé), mis en cause aussi des laboratoires de fabrication de radioéléments utilisés en médecine, la Hongrie, etc. On s'empresse de rassurer : les taux mesurés sont des milliers de fois inférieurs à ceux observés dans nos campagnes aussi bien après Tchernobyl que Fukushima...Donc « circulez, rien à voir »….

Mais l'iode s'est propagé et la Criirad avance une hypothèse intéressante : et s'il s'agissait de conditions climatiques révélant une contamination désormais permanente de l'atmosphère ?

Certes l'iode 131 a une période courte d'à peine plus de 8 jours, et, au bout de 3 mois, il ne reste plus grand chose d'un rejet ponctuel. C'est d'ailleurs sa capacité à se désintegrer très rapidement qui le rend si dangereux, beaucoup d'atomes explosant et rayonnant en peu de temps créent des dommages iréversibles dans les organismes contaminés, en particulier au niveau de la thyroïde avide d'iode."

La contamination désormais plus ou moins régulière n'est-elle pas le résultat des rejets autorisés dans toutes les installations de l'industrie atomique : réacteurs nucléaires, gestion des combustibles et leur retraitement, laboratoires, etc ? Autorisations accordées d'autant plus facilement qu'il n'est pas possible de confiner les rejets d'iode 131 à des coûts économiquement supportables.

Tout est alors fait pour éviter que le public prenne conscience qu'on le soumet à son insu à une contamination grave qui, s'ajoutant aux autres agressions environnementales, contribue à l'épidémie de cancers, leucémies et autres pathologies.

Voilà pourquoi il est si difficile de faire reconnaître les dégâts thyroïdiens qui ont suivi Tchernobyl, les autorités interrompant même prématurément le registre des cancers en PACA/Corse, devenu trop démonstratif. Les études concernant les dégâts sanitaires de l'iode 131 sont étouffées ! (voir le communiqué du 24-10-6 de Denis Fauconnier, Annie Thébaud-Mony, Chantal Lhoir et de la Criirad et le communiqué du 14 mars 17 de la Criirad).

Au nom du « rayonnement de la France » et de sa « grandeur », les pouvoirs publics pilotés par le CEA font vivre la population sous les risques permanents de contamination d'iode, tritium, césium, strontium, et autres radioéléments, et cela partout, quotidiennement.

À cette contamination inévitable et « ordinaire » s'ajoute la catastrophe atomique, que l'on jurait impossible et qui, maintenant, est quasiment prévue.

Alors que tout est fait pour qu'on ignore cette terrible situation, notre collectif dénonce le déni des droits fondamentaux et rappelle à tous que la seule issue raisonnable est l'Arrêt du Nucléaire.