06 janvier 2009
Pour des listes décroissance aux européennes de 2009
Pour signer l'appel : http://www.objecteursdecroissance.fr
Nous ne sommes pas dupes : le “développement durable” ou “le capitalisme vert” promus, par exemple, lors du “Grenelle de l’environnement”, ne sont qu’une façon de relancer la fuite en avant dans la croissance infinie. Portée par la liste de Daniel Cohn-Bendit, la version ultra-light de la « décroissance » prônant de “scinder les flux entre la croissance économique et la croissance des flux de matière et énergétique” est une ultime escroquerie destinée à vider la décroissance de son sens politique et à récupérer l’avancée de ces thèses dans la société.
Aucune formation politique représentative n’apporte aujourd’hui de réponse crédible face aux enjeux représentés par les crises environnementale ou sociale. En voulant relancer la croissance économique (capitaliste, rouge ou même verte), toutes vont nous précipiter davantage dans le mur des limites des ressources de la planète et engendrer une nouvelle récession. Il est temps de lever le nez du guidon.
Face à l’absence d’une alternative crédible, nous souhaitons la présence de listes “décroissance” pour les élections européennes de 2009. Nous appelons à la constitution de groupes locaux, les plus larges possible, pour défendre :
• Une décroissance qui soit d’abord une décroissance des inégalités, localement, mais aussi à l’échelle de l’Europe comme à celle de la planète. Nous voulons l’instauration d’un revenu minimum et d’un revenu maximum, avec un différentiel maximum de 1 à 4. Puisqu’il n’est plus possible de faire croître le gâteau, la question de sa recette et de son partage redevient première ;
• Une décroissance du transport des marchandises à travers la planète, pour une relocalisation de la production et de la consommation, contre l’“économie de marché” (c’est-à-dire le capitalisme), mais pour une “économie des marchés” fondée sur des petites entités économiques. Nous voulons, par exemple, démanteler progressivement la grande distribution, au profit d’emplois de qualité, écologiques, qui permettent à tous mais notamment aux jeunes de trouver une place épanouissante et qui ait du sens ;
• Une décroissance du gigantisme, pour une société, une économie et des villes à taille humaine, où chacun-e puisse vivre et faire vivre sa famille dans la dignité. Nous voulons une agriculture locale, écologique et paysanne ;
• Une décroissance de la vitesse, dans une société dont l’accélération exclut chaque jour davantage d’entre nous, en commençant par les plus faibles, et nous condamne à une folle fuite en avant. Non au TGV, oui au TER. La civilisation de l’automobile n’est pas soutenable ; nous devons en sortir ;
• La décroissance de la tyrannie de la finance, pour une Europe où chaque démocratie maîtrise sa monnaie. Nous refusons la marchandisation du monde. Nous défendrons et étendrons tous les espaces de gratuité comme tous les temps de pause communs, à commencer par le dimanche ;
• Une décroissance de la déresponsabilisation sur la technique et la science. Nous faisons face à une problématique d’abord culturelle, politique et démocratique. Elle nécessite des réponses sur ces plans. Le nucléaire, les OGM, les agrocarburants ou les nanotechnologies nous conduisent dans des impasses dangereuses ;
• Une décroissance de l’emprise du pouvoir économique sur les médias, pour une presse européenne indépendante exerçant sa fonction de quatrième pouvoir, et non celle d’outil de propagande consumériste ;
• Une décroissance de la publicité, outil d’une propagande insidieuse qui fait de nous des gavés ou des frustrés de la consommation.
Nous voulons une Europe du partage, ouverte sur le monde. Une Europe qui reconnaît ses crimes liés au colonialisme, celui d’hier et d’aujourd’hui. Une Europe de l’égalité dans la promotion de la diversité de ses cultures. Une Europe veillant sur la nature comme on cultive un potager. Une Europe où chacun d’entre nous sera considéré avant tout comme un être humain et non pas un petit soldat de l’économie dont le seul horizon est de consommer et produire chaque jour davantage. Une Europe qui ne soit pas une entreprise dont la réussite se mesure à l’aune de l’augmentation du PIB mais une communauté solidaire chez elle comme solidaire au monde.
Premiers signataires : Paul Ariès, Stéphane Bienvenue, Salih Branki, Remy Cardinale, Vincent Cheynet, Julien Gonzalez, Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Baptiste Mylondo, Christophe Ondet, Thomas Waring, Gwendolyn West, Michel Evrard, Marie-José Narducci...
Commentaires
Le Collectif Parisien de la décroissance n'aurait il pas tout intérêt à se délocaliser pour mieux se relocaliser ?
La grande ville , Paris en étant une , est à la fois le produit et le fondement d'une société industrielle délocalisée. Yves Cochet y fait allusion dans sa conférence sur le pic pétrolier : créer des bassins de vie autonomes supposera un réaménagement du territoire et des mouvements de populations.
Prêcher la décroissance depuis son appartemment parisien et agir en présentant une liste aux européennes, ce qui signifie rester rigoureusement dans un cadre immobilier et politique inchangé ..... Est ce cohérent ? Est ce le bonne méthode ?
Non qu'il faille aussitôt enfourcher son vélo et partir à la campagne au hasard des petits chemins !.... Mais peut être commencer à poser le problème. A s'interroger sur la meilleure stratégie d'action.
"Aucune formation politique représentative n’apporte aujourd’hui de réponse crédible face aux enjeux représentés par les crises environnementale ou sociale"
Je partage totalement ce point de vue. Mais je vais plus loin dans le questionnement : est ce qu'une formation politique représentative peut apporter une réponse à cette crise systémique ?
En d'autres termes ; est que l'organisation politique actuelle consistant à choisir par le vote entre des propositions partisannes peut apporter une réponse ?
Pour aller plus loin : ne serait il pas utile , nécessaire, indispensable, de repenser la politique et notamment de réfléchir à la création d'un nouvel outil politique dédié (et donc adapté) à l'analyse et au traitement d'un problème transversal , global , systémique ?
Merci pour ces deux commentaires ! :)
En effet, personne n'est à une contradiction prêt...
mais nous vivons aujourd'hui maintenant dans cette société et à Paris (emploi, famille, amis...).
Dans la décroissance il y a aussi une forte dimension social...
Concernant la politique, en effet tout est à inventer ! Le fait de partir aux élections, du moins d'occuper la scène politique a pour but d'essayer de solliciter d'autres débats, d'autres manières de penser...
Questions sur le "comment ?"
Quelques réflexions complémentaires sur les difficultés d'un tel projet : http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/09/01/questions-sur-la-decroissance/
ok mais comment?
flo, 19 ans, éducatrice à l'environnement, à paris... tout ça est très beau, très bien, mais comment y arriver, je pense que c'est grâce aux personnes qui composent la société visée, que les choses changeront, ce sont les mentalités, les moeurs qui ont suivi ce modèle capitalisme dans lequel on vit, vous n'avez ou ne connaissez pas d'autres choix, sinon vous ne povez pas vivre... pour tout arrêter, petit à petit, il faudrait changer les mentalités... comme on dit il faut arrêter d'acheter pour qu'ils arretent de produire...
moi je suis jeune, bête et amoureuse de la nature... j'ai arrêter de vouloir changer le monde (à part la mentalité des tout jeunes) et je suis à présent dans une optique de créer le mien... les éco-village existent déjà en france ou sous forme d'habitat collectif... je pense que c'est l'avenir de l'humanité que de s'entraider par petite communauté, échanger, produire localement... malheuresement du bas de mes 19 ans les gens me prenne pour une soixante huit tard née en retard, et ne voit aucun avenir en mes paroles, les hommes ont trop évolué en oubliant leur racines, tout est une généralité, la télé par exemple est un outil mal utilisé qui guide par de mauvais choix leur vie,par de la surconsommation , idéologie (loi du profit) et j'en passe... je ne suis pas douée en beau discours... je suis une citoyenne qui s'est permis d'immaginer autre chose qui se rapproche plus de la décroissance que du captitalisme aujourd'hui en tête... nous revendiquons le droit de vivre autrement, je désire et beaucoup d'autres également donné une vie, je l'espère, à mes futurs enfants... aux futurs générations...
de plus avec la mondialisations que les politiques recherchent peu à peu, on est mal barré...
"OK Mais comment?" Demande Floriane
Yannick Rumpala répond (sur son blog) :
"« La décroissance soutenable face à la question du « comment ? »
Dans ses grandes lignes, la thématique de la « décroissance soutenable » a jusqu’à présent surtout consisté à présenter et justifier un nouvel horizon commun permettant aux populations de la planète de sortir de situations actuelles pesant sur la soutenabilité écologiques et les vies humaines. Mais, pour passer d’un état à un autre, aux caractéristiques différentes, il faut une transition. Pour que le projet soit crédible, il devrait donc aussi passer par une étape de réflexion sur la transition qui permettrait d’avancer vers une « décroissance soutenable », et notamment sur la forme de cette transition et ses modalités"
Je m'arrête sur cette "étape de réflexion" nécessaire pour "passer d'un état à un autre".
Ce n'est pas une étape mais LA clé et un fondement : C'EST l'AUTRE étape.
Dès qu'on réfléchit, aussitôt qu'on réfléchit COLLECTIVEMENT on passe IMMEDIATEMENT dans l'alternative .
Quand Yves Cochet prononce ce magnifique discours à l'assemblée nationale : "penser l'impensable" ... il parle tout seul : il n'est que de regarder le spectacle déplorable de ses "collègues" députés .... de Madame la Ministre Lagarde machouillant son swing gum , Fillon , l'oeil hagard ......Manifestement l'Assemblée Nationale n'est pas ce Lieu de Réflexion collective , c'est un cirque peuplé de clowns qui nous mènent au désastre, sans le savoir pour les imbéciles , d'une manière plus calculée pour les salauds.
Le fait de briller dans les discours , et d'être doté d'un cerveau performant n'a JAMAIS été un gage d'humanité .
Ce qui me navre un peu c'est Cochet et mes frères "décroissant" qui restent "le cul entre deux chaises" : l'un dans son cotume de député , les autres en cherchant à créer un xème parti , qui fatalement mécaniquement reste désespérément DANS le système.
Alors CONCRETEMENT pour répondre à Floriane ...Il faudrait que les décroissants et les autres ! parce qu'à partir du moment où l'on rentre en réflexion , c'est le citoyen qui pense et pas son parti , pas son mouvement ...Il faudrait que ceux qui sont conscients que "lorsqu'on aura pêché le dernier poisson , coupé le dernier arbre et qu'on aura vu que l'argent ne se mange pas" (c'est ça le résumé du discours de Cochet)se concentrent sur la mise en musique concrète de ce processus de réflexion collective ..En faire le coeur de la démocratie . Créer un outil concret , échelon local: communes communautés de communes échelon national... de réflexion collective ; j'appelle cela outil public participatif de recherche et développement sociétale ; on peut appeller cela autrement.
Concrètement sur ma commune avec l'idée d'essaimmer , et sans modestie aucune connaissant trop bien mon inculture et mes faiblesses, j'initie une expérience de réflexion globale réunissant en salle des fêtes , élus locaux et habitants autour ...Disons.... DU GROS PROBLEME qu'on a . Le support de la réflexion est un montage vidéo à partir des innombrables vidéos qu'on peut capter sur le net ..y compris le disours de Cochet !
Cette réflexion collective contient un volet LOCAL fort afin de provoquer la mise en réseau des dynamiques locales dans le sens d'une relocalisation.
Le cadre , public : la commune , les communautés de commmunes, de la réflexion citoyenne me semble primordial.
De cette réflexion collective (à vocation permamante et structurée , peut naître l'action politique concrète locale , se fondant sur un changement de regard (de valeurs), lui même issu de ces travaux de citoyens s'interrogeant sur ...eux mêmes.
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